Des Racines et des Êtres

Blog généalogique de Raphaël Piéchaud

L’accent nivernais écrit dans un nom de famille (Moroche)

Les accents régionaux issus des dialectes d’oïl sont aujourd’hui de moins en moins présents dans les villes mais demeurent encore assez répandus dans les campagnes. Je suppose que cela donne une petite idée des sonorités que l’on pouvait entendre au XVIIIème siècle.

Les documents écrits ne transcrivent malheureusement pas ces accents et nuances du parler. L’orthographe des noms de famille (variablement évolutive selon les périodes, surtout d’une paroisse à l’autre) est par contre un indice intéressant sur comment pouvait être prononcé un nom. Lire la suite »

Mon #ChallengeAZ sur Twitter : abécédaire généalogique en 26 tweets

Un peu tardivement j’ai décidé de participer au #ChallengeAZ des généablogueurs, proposé par Sophie Boudarel de la Gazette des Ancêtres. L’idée ? Publier un billet par jour (sauf le dimanche) sur son blog pendant le mois d’avril en faisant le tour de l’alphabet.

Alphabet

Ayant assez peu de latitudes temporelles en ce moment, j’avais bien sûr courageusement choisi de ne pas participer initialement : j’ai déjà du mal à écrire un article par an sur ce blog, alors 30 par mois aurait été présomptueux ou suicidaire.

J’ai donc trouvé la pirouette en me contentant de challenger sur Twitter : 30 tweets en un mois était un défi déjà plus accessible.

J’en profite donc pour les compiler tous ici-même, ce qui me donne l’occasion de publier un nouveau billet (et ce n’est pas du luxe).

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Mon ascendance dans la Nièvre (XIXème – XVIIIème siècles)

Depuis que les archives départementales de la Nièvre ont mis en ligne les registres d’état-civil puis les registres paroissiaux, j’ai passé des heures nombreuses sur leur site. Au bénéfice de ma branche nivernaise, bien évidemment. Lire la suite »

Astuces de généalogistes : n° 200 de la Revue Française de Généalogie

Pour ceux qui ne l’ont pas encore acquis auprès de leur buraliste, le n° 200 de la Revue Française de Généalogie a paru début juin.

Un numéro 200 avec de vrais morceaux de blogueurs dedans

Qui dit chiffre rond dit souvent numéro spécial, et c’est l’idée qui a guidé Charles Hervis, le rédacteur en chef de la RFG, en proposant à plusieurs généablogueurs de plancher sur la question des astuces de généalogistes pour mieux s’organiser.

Écho était fait à une série de billets parus en 2010 sur plusieurs sites de la blogoshpère généalogique et initiée par Maïwenn, qui nous amenait à nous interroger sur une question simple mais à l’origine de tant d’interrogations humaines : Quel généalogiste sommes-nous ?

Pour lire mes contributions au sujet :
- Et moi, quel généalogiste suis-je ?
- Quel généalogiste suis-je ? (suite)

Comme le synthétisait alors le blog de la RFG, une véritable thérapie de groupe s’en était suivi, de nombreux blogueurs s’étant prêtés au jeu. Si bien qu’une liste de bonnes et mauvaises pratiques avait émergé. L’occasion en 2012 pour ce numéro 200 de faire appel à quelques uns pour présenter leurs méthodes généalogiques.

Liste des astuces de généalogistes du n° 200 de la RFG

  • Trier ses dossiers informatiques : Nom de famille et individu
    par Sophie Boudarel
  • Trier ses dossiers informatiques : Archives publiques et documents de famille
    par Jordi Navarro@jordi78
  • Trier ses dossiers informatiques : Un numéro d’ordre
    par Isabelle Louradour

Un grand merci à Charles Hervis et la RFG pour cette invitation !

L’ascendance Piéchaud en Auvergne enfin débloquée !

Grâce au courrier précieux d’un cousin bien éloigné, je crois que j’ai enfin pu me confirmer une fois pour toute l’ascendance auvergnate de la famille Piéchaud. Et m’enfin débarrasser d’une sacrée épine généalogique !

L’origine auvergnate des Piéchaud : une légende familiale ?

Si dès la moitié du XIXème siècle les Piéchaud naissaient en Gironde, leur ancêtre Louis-Guillaume PIÉCHAUD (sosa n° 48) naissait lui en 1811 sur l’île d’Oléron, à Chéray, commune de Saint-Georges. Cela je l’apprenais dans le premier volume de ses mémoires, dont je vous parlais ici en 2008. Son père Guillaume PIÉCHAUD était également né à Oléron, en 1783, fils d’Élisabeth ETELLIER, une locale, et de Jean PIÉCHAUD (qui en fait s’appelait Jean PICHOT [1]), un marchand venu d’Auvergne. Voici ce qu’écrivait mon ancêtre à ce propos :

C’est ainsi que vers 1770 arrivèrent à l’île d’Oleron deux frères et une sœur Piéchaud natifs de la paroisse de Louche, Province d’Auvergne, évêché de Clermont, département du Puy de Dôme, pays où se fait particulièrement le commerce de la toile et du linge de toute espèce, d’autres documens [sic] les diraient natifs de Pradée, commune d’Allége, dept. du Cantal, Auvergne. Toutefois la première version se trouve conforme aux actes de mariage et de décès, elle est donc la plus probable.

Mon ancêtre indiquait également dans ses mémoires les date, lieu et notaire du contrat de mariage, ce qui me permit à défaut de pouvoir consulter celui-ci, de me diriger vers les registres paroissiaux de Charente-Maritime (AD17) lors de leur mise en ligne. Tout aurait été simple si l’acte de mariage trouvé n’avait pas été ambigu

Des actes de baptême des enfants du couple et les actes de sépulture des parents confirment la version de mon ancêtre : un papa Jean Pichot (avec des variantes du nom type Pichos, Pichaud, Piesseau…) et une maman Elisabeth Etellier (avec des variantes type Tilliet, Etiliere…). Par exemple mon aïeul Guillaume Piéchaud est dit fils de Jean Pichot et Elisabeth Tilliet.

Un acte de mariage bien épineux

Mais un acte de baptême et surtout l’acte de mariage du 6 juillet 1773 à Saint-Pierre d’Oléron posent problème au niveau de l’épouse, qui n’est visiblement pas Elisabeth Etellier :

Extrait de l'acte de mariage de Jean Pichot et Elizabeth "Bury" (1773)

Extrait de l’acte de mariage de Jean Pichot et Elizabeth « Bury » (AD17 en ligne – Saint-Pierre d’Oléron (greffe) – 06/07/1773)

Le six de juillet mille sept cent soixante traise
[...] je soussigné ay reçu le consentement mutuel
de mariage de Jean Pichot fils légitime de feu Pierre
Pichot et de Jeanne Combes laboureur, natif du
village de Pradier paroisse d’Allanche diocèse de Clermont
en Auvergne d’une part, et d’Elizabeth Bury fille aussi
legitime de feu Antoine Bury laboureur et de vivante
Jeanne Masonne native de la paroisse de Saint Denis [...]

Le rédacteur de l’acte s’est-il trompé de nom ou a-t-il confondu deux Élisabeth : une Étellier et une Bury ? Jean PICHOT s’est-il marié deux fois ? L-G Piéchaud s’est-il trompé en citant le mariage (je n’en ai pas trouvé d’autre correspondant) ?  Une confusion que l’on retrouve jusque dans les baptêmes de certains des enfants !

Même s’il apparaissait plutôt sûr que le Jean Pichot du mariage était le bon, l’absence de fiabilité des documents m’empêchait de relier avec certitude cette ascendance auvergnate.

Un cousin salvateur

J’avais justement été contacté il y a près de deux ans par un cousin très éloigné, descendant d’une des filles de Jean Pichot et Elisabeth Etellier, avec qui nous avions pu échanger nos questionnements sur cet épineux mariage. Nous n’étions d’ailleurs pas les seuls à nous interroger :

Mention "étellier ?" ajoutée en glose d'un acte au nom de Buril (Bury)

Mention « étellier ? » ajoutée en glose dans l’acte de baptême d’Anne Geneviève « Piesseau » (fille Jean & Elisabeth Buril/Bury) (AD17 – St-Pierre d’Oléron – 06/09/1790)

Puis mercredi dernier, j’ai reçu de la part de mon cousin une photocopie du fameux contrat de mariage.

Qui me semble tout éclaircir. Extrait :

Contrat de mariage de Jean Pichot avec Elisabeth Etellier

Aujourd’hui sixième du mois de juillet mil sept cent soixante
treize après midy par devant le no[tai]re royal en S[ain]tonge résidant
a l’isle d’Oleron soussigné et en présence des témoins basnommés a été
traitté et accordé les conventions du mariage qui a été beny
ce matin en l’eglize du présent bourg et pa[roi]sse de St Pierre en la
ditte isle, d’entre Jean Pichot m[archan]t colporteur, natif
de la pa[roi]sse de Lanche province d’Auvergne évêché de Clermont
dem[euran]t depuis plusieurs années audit présent bourg de St Pierre
fils légitime de feu Pierre Pichot et de vivante Jeanne Combe
d’une part.
Avec Elizabeth Etellier fille aussy légitime de feu René
Etellier et de vivante Elizabeth Masson
native de la pa[roi]sse
de St Denis aussy en la ditte isle et habitante depuis
plusieurs années dud. Bourg de St Pierre d’autre part.

[...]

Il y eu donc bel et bien une erreur sur l’acte de mariage (sur le registre communal comme sur celui du greffe) : Jean PICHOT (sosa n° 192), natif d’Auvergne, épousa Elizabeth ETELLIER (sosa n° 193), native de Saint-Denis-d’Oléron.

Le berceau de la famille Piéchaud Pichot

Quant au lieu d’origine de Jean Pichot, il s’agit donc du village de Pradiers (Cantal), dépendant à l’époque de la paroisse d’Allanche, au cœur du massif du Cézallier. Dans l’acte de mariage, on lit « Pradier paroisse d’Allanche » (et du coup je ne vois pas comment mon ancêtre put lire « Allège »), tandis que dans le contrat de mariage je lis « Lanche » (L-G Piéchaud lut apparemment « Louche »), ancienne forme du nom d’Allanche [2] :


Agrandir le plan

PS : je ne vous invite pas à consulter mon arbre en ligne sur Geneanet, il n’est pas du tout du tout du tout à jour à ce sujet.

  1. Le nom aura évolué sur à peine une génération, je pense que ce sera l’occasion d’un rapide billet prochainement. []
  2. cf. précision en commentaire []