Des Racines et des Êtres

Blog généalogique de Raphaël Piéchaud

Confession intime : j’aime collectionner les ancêtres

Une critique, ou du moins une remarque, revient régulièrement dans le monde de la généalogie : la compilation d’ancêtres bornée aux BMS serait une pratique peu digne d’intérêt. J’ai souvent tiqué à l’entente de cette assertion, ne sachant trop comment me positionner. J’ai même hésité à appeler TF1 pour me confesser. C’est finalement cette citation rapportée par Pierre-Valéry Archassal sur Twitter depuis RootsTech 2014 qui m’aura décidé à tapoter mon point de vue sur le clavier :

Se contenter d’empiler les sosas à coup de date de naissance-mariage-décès n’a beau être qu’une partie de la discipline généalogique, elle n’en demeure pas moins sa base. Et une base solide, c’est important.

Bien sûr, la pratique généalogique a tendance à valoriser ce qu’il y a entre la naissance et le décès. Or, il me semble que les sensibilités sont devenues prégnantes sur cette question avec l’essor de la généalogie en ligne. Je m’explique.

Collectionner les ancêtres, c’est grisant !

Je mets les pieds dans le plat (il reste encore un peu de sauce) : j’adore ajouter des ancêtres à mon arbre.

Découvrir un couple de parents, grimper d’une génération, faire rugir mon compteur de sosas. La recherche généalogique c’est aussi ça. Relisons d’ailleurs en chœur la définition du terme « généalogie » :

Dénombrement, suite des ancêtres qui constituent la filiation d’une personne ou d’une famille. [1]

Forcément, au bout d’un moment, ça fait beaucoup :

(crédit : CDIP)

(crédit : CDIP)

Si j’avais voulu retracer le parcours complet de vie de mon arrière-grand-père, au lieu de m’attacher à recenser toute mon ascendance familiale, alors j’aurais été biographe, pas généalogiste. C’est tout aussi bien, mais mon temps n’est pas extensible et je dois faire des choix dans mes activités.

La simple recherche d’ancêtres est une véritable enquête. Des facilités des tables décennales du XIXè on passe bien vite aux épines, on se lance dans des jeux de pistes pour retrouver une paroisse d’origine ou pour dénouer les liens familiaux  à partir d’actes avares. Cette quête n’est parfois récompensée que par un prénom, un nom et des dates de naissance-mariage-décès. Mais obtenus avec tellement d’efforts que ces quelques mots recopiés dans notre arbre deviennent un joli trésor.

Généalogie sur Internet : le « toujours plus »

Qu’est-ce qui peut expliquer à présent cette attitude généralement négative à l’égard de la « collectionnite » généalogique ? Je vois deux principaux facteurs, tous les deux liés à Internet.

Le temps

Avant le net, le généalogiste avait moins de facilité à consulter les archives pour compléter ses branches puisqu’il fallait systématiquement se déplacer dans les centres d’archives. On était déjà fier si on pouvait aligner quelques noms sur un arbre qui tenait sur une feuille A4 ! Aujourd’hui avec les mises en ligne des AD, on gagne du temps : quand on va en salle d’archives, si ce n’est pas pour rendre visite aux dernières réfractaires à la mise en ligne, c’est désormais pour « feuillir » notre arbre avec des documents plus détaillés (actes notariés, archives judiciaires, etc.).
D’ailleurs, la mise en ligne progressive de nouvelles sources (cadastres, recensements, iconographie, registres militaires, livres anciens, registres notariés) permet, de fait, de retracer la vie de ses ancêtres à moindre frais et moindre temps.

Les blogs généalogiques

C’est une émulation collective qui a amené de plus en plus de généalogistes à pousser leurs recherches au-delà de la simple compilation d’ancêtres. Il faut avouer que si l’on n’a rien à raconter de plus qu’une date de naissance et de décès, on risque vite de ne garder comme visiteurs de son blog que les robots à spam.
Tenir un site sur sa généalogie, c’est donc déjà faire cette démarche d’aller plus loin, avoir une motivation pour étoffer ses recherches et les développer, en un mot (ou en plusieurs, sinon c’est vite lu) : raconter de belles histoires. Un nom de métier, l’acte de vente d’une maison, un document de succession, le compte-rendu d’un procès, le dépouillement d’un recensement deviennent autant d’occasion de raconter ses ancêtres, ce qu’il se passe entre leur naissance et leur décès.

Je ne dis pas qu’avant Internet les généalogistes ne se souciaient pas de la vie de leurs ancêtres. Juste qu’avant on laissait un peu plus en paix ceux qui ne s’en souciaient pas. Ou alors on en parlait moins. Honnis soient les réseaux sociaux.

 

 

Pour ma part, je prendrai toujours autant de plaisir à remplir les cases dans mon arbre qu’à en savoir plus sur mes ancêtres.

Et vous, vous en êtes à combien de numéros Sosa ?

 

Mise à jour (22/02/2014) : pour participer à la discussion, vous pouvez poster un commentaire ci-dessous ou bien lire les commentaires sur Facebook :

  1. Définition du mot « généalogie » in Dictionnaire de l’Académie française, 9ème édition, 1992 []

Poursuivez votre lecture

Avant, j’avais écrit :
Après, j’ai écrit :

21 commentaires

  1. 3210, chef !
    Je rajouterai même : « j’adore remplir les cases surtout au 19e siècle ». Force est de constater, que mis à part 2 épines, c’est quasi bouclé, snif… :-(

  2. Un article qui a le mérite de la sincérité et c’est très bien de ne pas céder aux modes ! J’aime aussi collectionner les patronymes et les lieux, mais aussi trouver des mentions insolites dans les actes. Sinon j’ai l’impression que les aïeux forment une série d’étiquettes :-)

  3. Pas facile à dire quand il y a des trous…. mais moi aussi « J’adore » faire des découvertes et enfin remplir une case. Cela n’a rien a voir avec des accès de « collectionnite », moments de fièvre où l’individu est emporté et ne se souvient plus du chemin parcouru.
    J »aime beaucoup cette distinction entre généalogiste et biographie. Il y a un temps pour tout, un temps pour faire les recherches d’ancêtres, un temps pour être détourné de sa route par des rencontres collatérale, un temps pour qu’elles nous ramènent vers la branche et enfin un temps pour l’écriture et les recherches approfondies. Je compose ces ancêtres à tous les temps.
    Merci pour ce petit coup de gueule bien tapé.

  4. Cendrine dit :

    bonjour
    je suis bien d’accord avec vous,
    je suis même pire que ça, quand je trouve un couple de nouveaux ancêtres donc un nouveau patronyme du côté de l’épouse, j’adore reconstitué toute la famille qui porte le même patronyme, tant les frères et soeurs mais aussi la descendance des frères tant que je trouve des descendants portant le patronyme.
    J’épluche les registres de la commune dans tous les sens, en fonction de la période, je relève même les actes où ils sont simplement parrain, marraine ou témoin.
    Mais cela ne m’empêche pas de devenir biographe lorsque je trouve une profession sympa et que je ne connais pas, j’effectue un travail sur celle-ci ou comme lorsque j’ai découvert la soeur hermaphrodite d’une de mes ancêtres au 17e siècle, j’ai effectué des travaux autour de l’hermaphrodisme, autour de l’évêque qui avait dit qu’on devait l’opérer pour la transformée en garçon.
    Cordialement
    Cendrine

  5. MM dit :

    Bonsoir. Comme vous le dites, la généalogie consiste quand même avant tout à retrouver des ancêtres et encore heureux que c’est ce que nous cherchions à faire, le plus possible. Je crois que le reproche que font certains est que certains autres ne s’intéressent pas du tout et jamais à la vie de leur ancêtres, que c’est une collection qui cherche UNIQUEMENT à faire du chiffre. C’est un cas assez rare depuis longtemps je crois mais j’en ai déjà rencontré. Pour ma part, je suis en train d’écrire ma généalogie mais je n’ai pas de blog ni de page sur Facebook, et est ce que je raconte de belles histoires, je ne sais pas ……

  6. Pierre-Valéry Archassal dit :

    Confessions intimes – Épisode 2

    Raphaël, il y a bien longtemps (c’est simple, tu n’étais pas né…) j’ai commencé à collectionner mes ancêtres. À cette époque, les recherches se faisaient sur place et par correspondance, quand les secrétaires de mairie voulaient bien donner de leur temps pour nous aider. Chez mes parents, il y avait un cérémonial : c’est moi qui relevait le courrier et mon impatience était telle en rentrant du collège que mon cœur battait à l’idée qu’il puisse y avoir une réponse à une demande d’acte envoyée au hasard d’un service d’état civil. Une vraie histoire d’amour avec mes ancêtres, je dirais même mes « futurs ancêtres » car je les découvrais au fil des jours dans des photocopies d’actes ou des copies manuscrites laborieusement transcrites. La collection était mon objectif : atteindre les 6, 8, 10 générations complètes.

    Je dois avouer que lors de mes visites dans les dépôts d’archives départementales, je ne consacrais à l’époque quasiment pas de temps à autre chose qu’à l’état civil et aux registres paroissiaux. Et puis un jour, je devais avoir 16 ans, une cousine m’a donné une liasse de vieux papiers. « Tiens, ça va t’intéresser plus que moi », me dit-elle. Elle ne savait pas le cadeau qu’elle me faisait : des testaments, des contrats de mariages, des tas de papiers de famille qu’elle n’avait jamais lus. Certains mentionnaient même des ancêtres qui m’étaient encore inconnus. J’ai découvert le plaisir de connaître le moindre détail de la vie de mes ancêtres. La plus petite chose qu’ils avaient possédée, l’infime champ qu’ils avaient exploité. Plus tard, c’est le journal intime d’un ancêtre du XVIe siècle qui est tombé entre mes mains par hasard, ou presque… J’ai compris ce jour-là que la collection était finie. Que ce qui m’intéressait se situait précisément entre les dates d’état civil de mes ancêtres.

    Aujourd’hui, je connais la taille et le degré d’instruction de tous mes ancêtres mâles depuis la Révolution, grâce aux registres matricules. Je comprends les subtilités des dots de certains ancêtres en lisant entre les lignes de ce que leurs parents leur ont donné lors du contrat de mariage. Je vois l’horizon de leur quotidien en observant leurs lieux de vie et leurs déplacements dans les recensements et les terriers. Je connais les traits de leur visage par les photos collectées depuis plus de 30 ans. Je sais exactement décrire la chambre de mon ancêtre qui est morte la veille de la Révolution dans l’immeuble parisien qui est mitoyen de celui que j’habite grâce à son inventaire après décès. Je connais leurs bonheurs et leurs malheurs par tous les documents qui fondent la recherche familiale.

    Cela ne m’empêche pas de continuer la collection. Quand une nouvelle branche émerge des profondeurs de GeneaNet ou d’un relevé publié en ligne, je m’empresse d’en vérifier la véracité pour augmenter mon score.

    Tout a changé, mais rien n’a changé. La collection n’est pas opposée à la biographie. Je ne m’attache pas à écrire la vie de mes ancêtres. L’important pour moi, c’est de m’imprégner des détails de leur vie pour mieux les comprendre. Parce que j’espère ainsi mieux les approcher. Parce qu’ils vivent en moi. Parce que je sais que c’est la seule voie pour progresser. Parce que je suis généalogiste.

  7. venarbol dit :

    Comme beaucoup, je connais moi aussi l’excitation de voir une nouvelle case de SOSA se remplir dans mon arbre. Les « collectionneurs » sont surtout décriés par ceux qui mettent leurs données en ligne mais se plaignent quand un autre s’en sert. Pourtant le fait de publier ses propres données sans vouloir qu’elles servent à d’autre, me semble particulièrement typique d’un comportement de collectionneur (« regardez comme ma collection est belle, mais n’y touchez surtout pas »).
    Tous les généalogistes commencent par être des collectionneurs de noms et de dates. Trouver plus apporte bien sûr un plaisir supplémentaire, mais ce plaisir n’est pas accessible à tous (aucune archive familiale, registres à l’étranger…)

  8. Evelyne Achon dit :

    Faire sa généalogie, c’est mener une enquête. Forcément nous commençons par additionner les « Sosa » puis les collatéraux. C’est une satisfaction de remplir les cases vides de son arbre.
    Mais cela n’est pas incompatible avec le fait d’écrire leur histoire. Je dirai même que cela est complémentaire.
    Je pense que chercher à connaître la vie de ses ancêtres, c’est chercher à mieux se connaître soi-même.

  9. Gregory Rhit dit :

    Il est vrai que les « collectionneurs » d’ancêtres sont souvent montrés du doigt et je réflechissais aussi à en faire un article et tu m’as devancé (-;
    Je trouve que c’est dommage qu’ils soient montrés du doigt, sachant que je considère en faire partie comme la plupart des généalogistes puisque la base de la généalogie réside aussi dans cette chasse aux ancêtres, l’idée étant de retrouver en premier lieu leurs noms et les dates importantes des événements qui marquent une vie : naissance, mariage, naissance des enfants, décés…etc…
    Comme tu le dis si bien, l’apparition de nombreuses archives en ligne est sûrement, entre autres, la cause de cela puisque, souvent, ce sont ces mêmes personnes qui n’hésitent pas à critiquer la forte présence des nouvelles technologies dans la généalogie d’aujourd’hui.
    Pour ma part, je n’ai envie de critiquer ni les uns ni les autres, soyons tolérants (-: : que chacun vive sa passion comme il l’entend et évitons encore une fois d’opposer les « collectionneurs » aux « biographes » comme il faut éviter d’opposer les « amateurs » aux « professionnels » par exemple.
    Ma conception de la généalogie fait que je considére la généalogie comme quelque chose qui va au-delà du simple empilement de noms et de dates ( j’en ai d’ailleurs déjà parlé sur mon blog ) mais encore une fois, cela passe inévitablement par là et je respecte ceux qui n’ont pas cette vision-là de la généalogie même si je trouve un peu dommage de limiter cette formidable activité à cela.

  10. Elise dit :

    Bonjour,
    C’est un article vraiment très intéressant et qui soulève des questions importantes sur la pratique de la généalogie à l’heure d’Internet.
    D’un premier abord, j’ai tendance à penser que la collecte d’ancêtres ne m’amuse plus autant qu’à mes débuts, et que plutôt de remplir des cases avec des noms et des dates de gens sur lesquels je ne sais rien, je préfère encore découvrir un document qui m’en apprend plus sur un ancêtre déjà connu.
    Mais je pense que cette façon de voir les choses est principalement liée à la facilité de la recherche. En effet, trouver un couple d’ancêtres supplémentaires grâce à Généanet ou à un cousin, sans avoir à faire de longues recherches, peut vite manquer d’intérêt. C’est d’ailleurs à partir de là que sont faits les principaux reproches à l’égard des « collectionneurs d’ancêtres » qui se contentent de récupérer des données dans les arbres en ligne des autres, sans forcément les vérifier.
    Par contre, lorsque nous effectuons de longues recherches sur un ancêtre, au cours desquelles nous sommes amenés à découvrir les noms de ses parents, grands-parents, etc, là nous pouvons remplir les cases avec joie !
    En somme, je pense qu’avoir un arbre bien rempli est une base essentielle pour les recherches, mais que ce n’est pas une finalité en soi : les activités de « collection » et de recherches plus approfondies doivent rester complémentaires.
    Elise

  11. @ d’aïeux et d’ailleurs : haha j’en ai beaucoup moins que ça ! 300 sosas à tout casser. Finalement, je crois que je passe trop de temps à chercher ce qu’il y a entre leurs dates de naissance et de décès :)

    @ Jean-Michel Girardot : idem, j’aime bien découvrir de nouveaux patronymes, de nouveaux villages. Et puis toutes ces étiquettes finissent parfois par se coller sur un dossier contenant beaucoup d’informations !

    @ a toutes branches : j’ai des trous très vite dans mon ascendance, je crois que je ne gagnerai jamais au jeu du comptage d’ancêtres :(

    @ Cendrine : je me laisse aussi facilement prendre au jeu de la reconstitution familiale complète… C’est vite chronophage, mais toujours passionnant, pas que pour augmenter le nombre d’individus dans son arbre, mais pour avoir un aperçu large d’une famille et de ses destinées…
    Très intéressant cette mention d’une hermaphrodite à cette époque i

    @ MM : J’ai un peu noirci le trait, en effet le reproche se porte souvent sur ceux qui cherchent le chiffre. Mais en soi, je n’y vois finalement rien de dérangeant : et si ces personnes diffusent leurs recherches, ça pourra même aider d’autres généalogistes. Pour ce qui est de vos belles histoires, je suis sûr que si vous avez déjà trouvé à écrire sur votre généalogie, c’est qu’il s’y passe de jolies choses : autant les partager !

    @ Pierre-Valéry : c’est amusant parce que malgré mon côté avocat du « diable » dans l’article, je me retrouve assez bien dans la seconde partie de ton parcours généalogique : avant-même d’avoir accès aux registres d’état-civil et paroissiaux, j’ai eu la chance de tomber sur de nombreux papiers de famille, mémoires, etc., qui m’ont permis de construire les prémices de mon arbre mais surtout d’en savoir énormément sur la vie de plusieurs de mes ancêtres. Alors que pour certains autres, je n’irai malheureusement presque jamais plus loin que des dates de naissance, mariage, décès…
    J’aime beaucoup cet oxymore de « futurs ancêtres » :)

    @ venarbol : oh là-dessus je suis d’accord, cette appropriation des ancêtres par certains est agaçante. Mais je me demande si elle ne témoigne pas, après tout, d’un certain sentimentalisme : j’ai parfois du mal à accepter que certains de mes ancêtres préférés soient aussi les ancêtres d’inconnus qui les mettent dans leurs arbres, héhé.
    Et en effet, la facilité d’accès aux sources est un facteur très important sur la capacité à en savoir plus sur ses ancêtres.

    @ Evelyne : Non bien sûr, il ne s’agit pas de considérer la « collection » d’ancêtres comme opposée à la connaissance de ses ancêtres. À mon sens ce sont des pratiques complémentaires, même si la première n’impose pas forcément la seconde.

    @ Gregory : désolé de t’avoir grillé la politesse :) mais au contraire, ton article sera le bienvenu pour apporter un point de vue différent sur le sujet et apporter d’autres éléments « pour ou contre ».
    Je suis par contre tout à fait d’accord : à titre personnel je trouve vraiment dommage de se limiter à la simple collection d’ancêtres. Mais je prenais le terme biographe vraiment en son sens premier : car il sera difficile au cours d’une vie de réaliser des biographies de fond de nombreux ancêtres tout en menant en parallèle une généalogie complète. La généalogie comme le dit plus haut Pierre-Valéry ce n’est probablement pas s’attacher à écrire la vie de ses ancêtres, mais s’imprégner des détails de leur vie. Et c’est déjà passionnant.

    @ Elise : Je te rejoins sur la question de l’intérêt : je sais que certaines de mes branches d’ancêtres ont déjà été étudiées et sont disponibles sur des arbres en ligne, et pourtant je n’y jette qu’un oeil rapide, car je ne prendrai presque pas de plaisir à les copier-coller dans mon arbre, alors que le piment de la recherche et ses péripéties me rendra fier d’avoir avancé de moi-même.
    D’ailleurs j’en profite pour préciser : je parlais bien de collectionner les ancêtres en les cherchant puis les ajoutant soi-même dans son arbre. Collectionner les individus en les récupérant dans d’autres arbres sans faire soi-même de recherche, là par contre, je n’y verrai personnellement aucun intérêt… qui aura la plus grosse base ?

  12. Jimbo Genealogie dit :

    Je reprends régulièrement ici ou là mon analogie avec le corps humain. Les classiques BMS et EC sont les os du squelette. Tous les autres documents, si riches, nous fournissent la « chair » autour de ses os.
    Mais pour avoir un bon corps, il faut une bonne ossature.

    Pour la trouvaille d’un nouveau Sosa, cela excite surtout mon (et notre) côté détective. Car un nouveau Sosa, c’est surtout une nouvelle piste à explorer.

  13. En vérité, je ne sais plus trop quoi dire. Déjà que j’aurais donc voulu l’écrire, votre article, Raphaël.

    Je me permets de citer ce passage d’une de vos réponses:

    « …car il sera difficile au cours d’une vie de réaliser des biographies de fond de nombreux ancêtres tout en menant en parallèle une généalogie complète. »

    J’en sais quelque chose ! C’est LE défi qui me tient tant à cœur, en ce qui a trait seulement à mes ancêtres « premiers arrivés », dans mon village, premiers patronymes, familles-souches. Tout un défi ! J’ai des tas d’articles biographiques de commencés qui n’attendent que je remplisse un trou pour publier. Parfois, c’est très frustrant, mais ça reste passionnant. Ça me permet de laisser au temps de décider pour moi.

    Voilà !

    Pour terminer, j’ai aussi beaucoup aimé l’oxymore « futurs ancêtres ». Merci à l’auteur. :-)

  14. tombée sur votre site  » par hazard » je viens ici témoigner de ma passion pour la recherche des mes aieux. J’ai commencé par une sorte de collectionnite aigue, grisée par la facilité avec laquelle je remontais les siècles, puis je me suis rendue compte que ces personnes ont vraiment « existé » et que tous les petits détails contenus dans les actes ( profession, témoins…) et aussi par des recherches dans les cahiers de recensement, me les rendaient très proches et aussi parfois très vivants. Je ne recopie jamais une branche sur un autre membre geneanet, seulement je « copie » ses pistes, je prefère voir par moi-meme, le meilleure façon selon moi de me les réattribuer…merci pour vos publications.

  15. Enfin quelqu’un qui dit tout haut ce que nous faisons tout bas.
    Je suis d’accord, quelle satisfaction de trouver une génération supplémentaire ! Ce qui n’empêche pas d’étoffer nos chroniques familiales.
    Comme Pierre-Valéry, j’ai moi aussi commencé à une époque, sans parler du courrier plus ou moins aléatoire, où seuls les déplacements de mairies en mairies et d’archives en archives me permettaient de découvrir l’existence de mes ancêtres. Il fallait jongler entre les heures d’ouverture des différentes mairies sans parler des heures de levées des AD.
    Mon arbre est en ligne et je suis ravie qu’il permette aux autres d’avancer, d’ailleurs mon rêve serait que tous les généalogistes se donnent la main afin de reconstituer un arbre universel, en attendant je fouille, je fouille avec toujours autant d’excitation.
    Bravo Raphaël

  16. Wurtzele1 dit :

    Si la « collectionite » est si haïssable pour certains généalogistes, dont je compte , c’est probablement parce que cet aspect est non seulement notre tendance, mais également parce que mathématiquement, il nous éloigne de notre but premier.., celui d’en apprendre sur nos ancêtres.

    Je n’arrive pas à concevoir la généalogie, sans la recherche biographique . C’est un peu comme collectionner des étiquettes de vins que l’on ne boit pas et dont on se fout d’en savoir un peu plus…

    Après, c’est l’éternel débat entre l’activité de loisir et une démarche de connaissance. On peut mettre le curseur ou l’on veut et chacun argumente selon son intérêt qui est forcément valable et respectable!

    L’intérêt est toujours dans la différence, dans le conflit d’idées. L’important n’est jamais la conciliation (c’est encore un truc que je déteste) entre deux points de vue, mais plutôt dans le cheminement pour y arriver et donc affirmer son point de vue est primordial.

    Merci pour ce texte très intimiste et assurément utile :)

  17. Françoise dit :

    Toujours plus facile sans doute, d’écrire une vraie chronique et d’être « biographe » de ses ancêtres quand ils sont autre chose que journaliers, métayers, laboureurs de père en fils.
    Les miens ne savaient ni lire ni écrire, ni même signer de leur nom, ils ne possédaient aucun bien, le seul « hommage » que je peux leur rendre c’est collectionner des dates et des lieux : naissance, mariage, décès, d’eux-mêmes et de leurs (souvent très nombreux) enfants. Alors se dessinent, pourtant en l’absence de tout document hormis l’état-civil et les registres paroissiaux (matricules et recensements aussi maintenant, ô combien précieux), des destins, des vies : je ne suis pourtant qu’une collectionneuse de dates, de lieux. Et ces gens de peu, ces gens de rien, auront quand même laissé une trace de leur passage sur cette terre : quelques lignes sur des registres que j’imagine poussiéreux car comble du comble je ne fais mes recherches qu’assise derrière un ordinateur !
    Grâce à internet et au travail énorme des archives départementales (aidées bien souvent dans mon cas par les Mormons, merci aussi à eux) je réalise à 43 ans un rêve qui me tient depuis l’enfance.
    Merci pour cet article ;-)

  18. Wurtzele1 dit :

    @ Françoise. « ces gens de rien, auront quand même laissé une trace de leur passage sur cette terre : quelques lignes sur des registres que j’imagine poussiéreux car comble du comble je ne fais mes recherches qu’assise derrière un ordinateur ! »

    Même en salle de lecture des archives, les ordinateurs sont présents et souvent un matériel pour prendre des photographies avec efficacité ou il suffit de visser son appareil numérique. On y trouve des professionnels capables de nous aiguiller efficacement dans le dédale des immenses possibilités offertes par ces structures.

    Vous serez surprise de ce que l’on peut trouver sur les « gens de rien », ne serait-ce que dans les archives judiciaires ou dans les journaux locaux . Ils avaient bien souvent plus de « caractère » que ce que nous a laissé entendre les récits de nos anciens.

    Même la case notariat peut révéler que votre ancêtre s’est associé pour acheter la moitié d’un bœuf, d’une charrette avec un total inconnu d’un village voisin qui se trouve être finalement un ami de la primaire dont les archives de l’école nous dévoilent que c’était un sacré phénomène!

    Derrière le plus insignifiant de nos « gens de rien » peut parfois se cacher un pont avec la grande histoire. Dans tous les cas, les informations ainsi glanées permettent réellement d’affiner la personnalité à un point que l’on ne peut imaginer avant d’essayer. :)

    Le coté négatif, est le caractère addictif de ces découvertes. Devenir biographe est rarement un choix, c’est un des moyens d’organiser et trier les informations que l’on a sur un individu et cela de manière optimale et moins chiante à transmettre qu’une suite de date et de papiers encombrants qui finalement n’intéressent que nous et barbe notre entourage.

    Rien qu’avec les infos sur les collatéraux de nos arbres, il y a matière à comprendre l’histoire de nos anciens et donc à écrire pour s’en souvenir sans s’emmêler les pédales .

    L’essai biographique, en ce sens, n’est absolument pas dissociable de l’activité généalogique et permet même de délier plus rapidement les épines. Les différentes possibilités et donc les solutions sautent alors aux yeux!

    Dans ma famille, il y a eu plusieurs généalogistes dont mon grand-père paternel et pourtant, je n’ai pas la moindre trace de leur travail. Ils stockaient des tonnes de notes qui ont probablement été jetés sans état-d’âme.

  19. Aliette dit :

    Je lis le commentaire de Françoise (26 février) et adhère complètement à ses propos. Ses ancêtres semblent avoir bien des points communs avec les miens. Mais au-delà du plaisir de recherche, il y a celui de suivre, tant sur les registres avec leurs dates, qu’avec un peu d’imagination, leur chemin de vie. De découvrir que le jeune homme délinquant s’est assagi après son passage à l’armée, ou que tel autre a été victime de brigands et y a laissé la vie. Rechercher aussi les branches « féminines » et les nouveaux patronymes qui en découlent. Dans cette recherche d’ancêtres, il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir au point qu’il m’est souvent difficile de décrocher de mon écran et c’est bien cela qui me motive, plutôt que d’apporter un énième sosa sur mon arbre !
    Je suis sensible également à l’aide qui est apportée par certains, n’hésitant pas à faire profiter du fruit de leur recherche.

  20. Yves dit :

    Intéressant le sujet ! Effectivement, certains de notre entourage « critiquent » l’activité de loisir que nous pratiquons de longues soirées, journées, week-end… en la taxant de simple recherche de dates, de compilation de données sans intérêt voire de « collectionnite » comme cela a été dit. Je crois -comme la plupart des messages postés ici- que la généalogie est un tout. En effet, dans mes travaux d’amateur, j’alterne (parfois sans logique, au gré de l’humeur du moment) entre des recherches mécaniques de données dans les nombreux sites d’archives (registres civils, paroissiaux, notariés), des recherches sur les sites ou blogs de données déjà compilées et publiées par d’autres et une recherche plus historique à partir d’ouvrages ou de sites délivrant une histoire ou donnant un « corps » aux personnes précédemment collectées… On peut aussi avoir le bonheur de visiter une maison ayant appartenu à des ancêtres, des lieux… sentir une ambiance… La trouvaille d’un nouveau couple sosa est une grande joie, mais également la découverte d’un document relatant une transaction immobilière ou la découverte d’un article de journal retraçant un évènement ayant marqué la vie d’un de nos chers ancêtres… Ces trouvailles concourent toutes à l’amélioration de notre connaissance des origines. En lisant cette rubrique, je me fais la réflexion que si le travail de recherche en nombre des sosas peut être un moteur, si le travail de recherche d’un « contenu » des vies de nos ancêtres l’est tout autant… un autre moteur de satisfaction est de remonter au plus haut des origines d’un ou autre patronyme… Enfin, ce qui reste motivant est -pour moi- la découverte de « cousins » vivants. Car les recherches ascendantes de sosas (et fratries et alliés) peuvent être poursuivies par une recherche descendante de cousins. Je me souviens de ma joie lors de ma découverte de cousins chiliens, mexicains ou californiens, issus d’une émigration d’avant 1900… et de leur joie quand j’ai pu leur communiquer des informations sur des ancêtres et un pays dont ils ne connaissaient pas grand chose. Depuis, nous communiquons par Facebook…
    Pour conclure sur le sujet, je pense que l’important est que chacun trouve son plaisir où il le souhaite, entre recherche du « record » chiffré et recherche historique ou bibliographique, entre recherche aux archives municipales et recherche sur le net… Pour ma part, je touche un peu à tout ces axes de recherche…

    En guise de conclusion, quelques chiffres… (humour!) :
    Je publie sur GeneaNet un arbre de plus de 48000 individus
    J’ai 1078 sosas
    Sur le patronyme de ma mère, je remonte à 1650 et j’ai trouvé 680 descendants

    Encore bravo pour ce blog, cousin ! (et merci pour tes corrections/compléments)

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