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Considérations

Confession intime : j’aime collectionner les ancêtres

Une critique, ou du moins une remarque, revient régulièrement dans le monde de la généalogie : la compilation d’ancêtres bornée aux BMS serait une pratique peu digne d’intérêt. J’ai souvent tiqué à l’entente de cette assertion, ne sachant trop comment me positionner. J’ai même hésité à appeler TF1 pour me confesser. C’est finalement cette citation rapportée par Pierre-Valéry Archassal sur Twitter depuis RootsTech 2014 qui m’aura décidé à tapoter mon point de vue sur le clavier :

Se contenter d’empiler les sosas à coup de date de naissance-mariage-décès n’a beau être qu’une partie de la discipline généalogique, elle n’en demeure pas moins sa base. Et une base solide, c’est important.

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Méthodes & Outils

Astuces de généalogistes : n° 200 de la Revue Française de Généalogie

Pour ceux qui ne l’ont pas encore acquis auprès de leur buraliste, le n° 200 de la Revue Française de Généalogie a paru début juin.

Un numéro 200 avec de vrais morceaux de blogueurs dedans

Qui dit chiffre rond dit souvent numéro spécial, et c’est l’idée qui a guidé Charles Hervis, le rédacteur en chef de la RFG, en proposant à plusieurs généablogueurs de plancher sur la question des astuces de généalogistes pour mieux s’organiser.

Écho était fait à une série de billets parus en 2010 sur plusieurs sites de la blogoshpère généalogique et initiée par Maïwenn, qui nous amenait à nous interroger sur une question simple mais à l’origine de tant d’interrogations humaines : Quel généalogiste sommes-nous ?

Pour lire mes contributions au sujet :
Et moi, quel généalogiste suis-je ?
Quel généalogiste suis-je ? (suite)

Comme le synthétisait alors le blog de la RFG, une véritable thérapie de groupe s’en était suivi, de nombreux blogueurs s’étant prêtés au jeu. Si bien qu’une liste de bonnes et mauvaises pratiques avait émergé. L’occasion en 2012 pour ce numéro 200 de faire appel à quelques uns pour présenter leurs méthodes généalogiques.

Liste des astuces de généalogistes du n° 200 de la RFG

  • Trier ses dossiers informatiques : Nom de famille et individu
    par Sophie Boudarel
  • Trier ses dossiers informatiques : Archives publiques et documents de famille
    par Jordi Navarro@jordi78
  • Trier ses dossiers informatiques : Un numéro d’ordre
    par Isabelle Louradour

Un grand merci à Charles Hervis et la RFG pour cette invitation !

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Actu généalogique

Retour aux sources : la généalogie enfin sur France 2

Récemment on avait déjà pu voir avec plaisir Arte diffuser Sur les traces du passé, une mission où un généalogiste allemand et un français (Pierre-Valéry Archassal) aidaient des « anonymes » à remonter le temps et l’histoire de certains de leurs ancêtres. Dans Retour aux sources (adapté du format britannique Who do you think you are ?) on se penche cette fois-ci sur des célébrités : Vincent Perez et Clémentine Célarié pour les deux premiers épisodes, avec évidemment l’aide précieuse d’archivistes et généalogistes dont… Pierre-Valéry Archassal (auteur entre autres de Généalogie d’aujourd’hui).

Évidemment, le fait de remonter la généalogie de personnalités donne un intérêt médiatique supplémentaire, censé maintenir l’audimat de France 2. Pourtant les deux émissions ne sont pas si éloignées l’une de l’autre. Comme on ne peut en quelques semaines/mois de recherche, ni en une émission, faire le tour complet des ancêtres d’un sujet, il faut bien faire le tri. Et donc trouver les ancêtres les plus intéressants, que le de cujus soit connu ou pas ! Une sélection qu’évoque en partie Denis Colombi dans cette analyse pleine de bon sens du thème de l’émission.

Je lis sur Wikipedia que certains épisodes de la version britannique avaient été abandonnés, faute d’avoir pu trouver des ancêtres intéressants. Et oui c’est parfois chiant la généalogie : des quartiers entiers d’ancêtres paisiblement laboureurs à l’ombre du même clocher depuis des siècles !
L’histoire familiale des parents et grands-parents de Vincent Perez est tragique mais riche : grand-père paternel fusillé par les franquistes, maman ayant connu les bombardements alliés en Allemagne pendant la Seconde guerre mondiale. On n’est pas retourné très loin aux sources, mais l’émotion qu’appelle ces faits si proches n’en était que plus présente, comme cette découverte surprise de cousins germains.

Du côté de Clémentine Célarié on partait déjà dans le bon sens. Si papa n’avait a priori pas des origines très télégéniques (mis à part des origines bretonnes qui auraient fait le bonheur de Patrick Le Lay1), la généalogie maternelle est rapidement accrocheuse : les Bréguet sont une famille d’inventeurs et d’industriels depuis plus de 200 ans. Et, dans un format TV, il est salvateur de pouvoir montrer des portraits de famille qui remontent à aussi loin (quand pour nombre d’ancêtres nous nous contentons souvent d’une simple signature comme témoignage visuel). De là on lui trouve également un ancêtre peintre orientaliste ainsi qu’un Jean-Michel de Venture de Paradis, interprète du Roi au Levant (nous aurons tous appris ce qu’est un drogman), proche de Napoléon, qui mourut avant d’entrer dans Saint-Jean-d’Acre2 et dont la famille a au passage laissé ses traces dans la toponymie des rues de Marseille.

Quant au cousinage avec Bertrand du Guesclin, il est l’occasion d’un recueillement sur le gisant du connétable à la basilique Saint-Denis. Une anecdote significative : la confusion opérée entre cousinage et descendance dans cette séquence montre bien le besoin de rendre plus télégénique la généalogie3. Sera-ce toujours aussi facile pour d’autres célébrités ?

Qu’en ont retenu Clémentine Célarié et Vincent Perez ? Sont-ils partis à la recherche de leurs autres ancêtres ? Ou bien pensent-ils avoir fait le tour de la question ? Si l’émission se poursuit, ce serait vraiment intéressant de faire, quelques mois après, des retours sur les personnes suivies et de voir si ces aperçus leur ont donné envie d’aller plus loin.

Avec entre 6 et 9 % de parts de marché hier soir, difficile de savoir si France 2 considèrera le pari de la généalogie TV comme concluant. Joliment préparée, scénarisée et réalisée, l’émission d’hier m’a bien plu et je ne puis que souhaiter une suite ! La généalogie est rare à la télévision, et voir le thème agréablement traité est très engageant (les avis dans la presse ont d’ailleurs été plutôt positifs), même si d’aucun regretteront le prisme télévisuel où le résultat de l’enquête compte souvent plus que les méthodes et le cheminement.

Pour ceux qui ont loupé la première diffusion, il me semble qu’une rediffusion est prévue, mais je vous invite à décortiquer le live-tweet de Retour aux sources (#rsources) fait par (et pour ?) des généalogistes :)

  1. Rhoooo ça va, si on peut même plus rigoler ! []
  2. Bon… malgré ce qu’en pense Clémentine, je ne suis pas sûr d’y voir un rapport avec le fait qu’elle ait nommé son fils Abraham, mais il faudrait penser à s’attacher les services d’un psychogénéalogiste au prochain épisode, je crois qu’elle a failli s’évanouir quand elle a cru comprendre qu’elle avait peut-être de la famille en Israël. []
  3. Avec les risques que cela comporte auprès des non-initiés qui s’empressent de modifier les fiches Wikipédia à l’emporte-pièce… []
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Insolite

Mais comment faisait-on avant les archives en ligne ?

J’ai parfois un peu honte de la facilité presque déconcertante avec laquelle je réalise en général ma généalogie. Depuis un peu plus d’un an, en fait depuis la mise en ligne des archives de l’Orne et de celles, nombreuses, qui ont suivies, j’avance à bien plus grand pas qu’auparavant.

Mais comment faisait-on sa généalogie avant ? Je veux dire, vraiment avant !

Un exemple de l’évolution des pratiques, avec l’acte de mariage de Daniel Combelle et Catherine de Pouget, le 22 juillet 1683 à la paroisse Saint-Pierre de Montpellier, que j’avais déjà eu le plaisir d’évoquer dans ce billet.

Louis-Guillaume Piéchaud (né en 1811) [1] :

« […] voici l’acte de son mariage parfaitement conforme à l’original et tel que nous l’avons obtenu par les bons soins de notre excellent ami l’abbé Arrou chanoine honoraire d’Auche [2] qui allant prêcher le carême de 1874 à la paroisse de St-Pierre de Montpellier voulut bien faire les démarches nécessaires pour me procurer cette pièce importante […]. »

Raphaël Piéchaud (né en 1982) [3] :

« […] voici l’acte de son mariage parfaitement conforme à l’original et tel qu’exporté en jpeg depuis le site des archives départementales de l’Hérault (archives.herault.fr) : après avoir cliqué sur « Archives en ligne » dans le menu, je sélectionnai « Registres paroissiaux et d’état civil ». Dans le formulaire, j’indiquai la ville de Montpellier et la paroisse de Saint-Pierre, cochai « Mariages » comme type d’acte, puis saisis : 1683, en date exacte. Je lançai alors la recherche. Deux registres correspondaient : j’essayai le premier et après avoir parcouru quelques pages je tombai sur la vue 111 qui me permit de me procurer cette pièce importante […]. »

Bon. Vu comme ça, ma façon de procéder paraît plus longue à raconter. Mais je vous assure que c’est plus simple sur internet qu’en passant par ce bon abbé Arrou.

Notes

[1] Extrait des mémoires manuscrites de Louis-Guillaume Piéchaud.

[2] Sic

[3] Extrait du blog tapuscrit de Raphaël Piéchaud.

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Méthodes & Outils

Quel généalogiste suis-je ? (suite)

Pour faire suite à mon précédent billet et toujours en repompant reprenant sympathiquement l’idée de Maïwenn, voici quelques pratiques, bonnes ou mauvaises, dont j’ai l’habitude en généalogie :

Utliser le code Insee pour les lieux

Depuis environ 2 ans et demi, j’utilise le code Insee pour identifier les lieux, et non pas le code postal qui n’est pas assez précis et qui en plus n’existait pas à l’époque de nos ancêtres (bon ok, le code Insee non plus).

Accumuler les actes sans saisir les individus dans mon logiciel

Une fois que je suis lancé dans la pêche aux actes, j’amasse le plus d’actes possibles, je remonte au plus loin. Et une fois que je considère avoir bien avancé, je me décide à analyser tout ceci et à saisir mes nouveaux ancêtres et collatéraux dans mon logiciel de généalogie. Ça me permet de réfléchir à froid aux liens de parentés, de prendre du recul sur d’éventuels homonymes ou erreurs, etc.
L’effet pervers ? Cela fait des mois que j’accumule une somme considérable d’actes de baptême, naissance, mariage, décès, inhumation, avec un paquet de nouveaux ancêtres identifiés… Sans aucune mise à jour dans mon logiciel ou mon arbre en ligne chez Généanet !

S’appuyer sur un arbre généalogique sommaire pendant les recherches

Pendant mes recherches dans les registres d’état-civil/paroissiaux, j’utilise un arbre basique, sur une feuille A4, pour visualiser d’un coup d’œil les noms des ancêtres que je cherche, les dates estimées de naissance / mariage / décès, et surtout les actes qui me manquent. Ce qui fait que même sans mettre à jour ma base généalogique, j’ai tout de même une très bonne représentation graphique de mes différentes branches :)

Ne pas archiver les documents physiques

J’ai quelques « cartons » ou pochettes contenant divers papiers de famille parfois anciens. Je n’ai par contre pas encore planché sur une solution de nommage et d’archivage, qui me permettrait :

  • d’inventorier tous mes documents d’archives (physiques et numériques)
  • d’attribuer à chaque document une cote
  • d’organiser mes archives dans une base de données permettant de faire des recherche par période, patronyme, type de document, etc.
  • idéalement d’effectuer une transcription de certaines archives écrites et d’inclure le texte dans la base de données, pour une recherche plein-texte !

Trop faire confiance aux âges au mariage ou au décès

J’ai une certaine tendance à considérer les âges au mariage ou au décès comme exacts à un ou deux ans près. D’expérience, c’est étrangement souvent le cas, même pour des ancêtres morts à plus de 70 ans. Et pourtant je suis déjà tombé sur des âges au mariage un peu surprenants (4 ou 6 ans de différence par rapport à l’âge réel) pour de jeunes tourtereaux. Je n’ai par contre pas encore eu la chance de tomber sur des « centenaires » en réalité âgés de 80 ans.

Croiser les actes / sources

Je ne me base jamais sur un seul acte de naissance ou de décès pour déduire définitivement le nom des parents : je confirme au possible en couplant les actes avec l’acte de mariage, pour éviter d’avoir affaire à une erreur de rédaction ou à un homonyme (ce qui m’amène au point suivant).

Haïr les homonymes

Je les hais mais surtout j’en ai peur ! Voyez ces affreux cas d’homonymie dénichés par Cocojobo. Mais quitte à me tromper, je préfère encore confondre un ancêtre avec son frère / sa sœur que de carrément me tromper sur ses parents et me lancer dans une branche erronée !

Ne pas mettre à jour ma bibliographie

J’avais commencé à réaliser (sous Word) une bibliographie généalogique pour lister et classer tous les ouvrages utiles, consultés ou à consulter :

  • généralités sur la généalogie
  • ouvrages thématiques sur les régions, les métiers, les populations en rapport avec mes ancêtres
  • ouvrages sur les lieux de vie de mes ancêtres (monographies de villages, etc.)
  • ouvrages, feuillets et manuscrits écrits par mes ancêtres
  • ouvrages citant des ancêtres ou des collatéraux
  • etc.

Et puis cela fait un bout de temps que je n’ai pas mis à jour ma biblio. C’est bien dommage et ça vaudrait le coup que je m’y penche à nouveau, en utilisant plutôt cette fois un logiciel adéquat (une base de donnée bibliographique ?).

Oublier d’identifier les personnes sur les photos

Je bénis ceux qui pensent à noter le nom des individus au dos d’une photo… et pourtant je ne le fais pas toujours sur mes propres photos.

Promis je vais faire des effort sur les mauvaises pratiques !