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Confession intime : j’aime collectionner les ancêtres

Une critique, ou du moins une remarque, revient régulièrement dans le monde de la généalogie : la compilation d’ancêtres bornée aux BMS serait une pratique peu digne d’intérêt. J’ai souvent tiqué à l’entente de cette assertion, ne sachant trop comment me positionner. J’ai même hésité à appeler TF1 pour me confesser. C’est finalement cette citation rapportée par Pierre-Valéry Archassal sur Twitter depuis RootsTech 2014 qui m’aura décidé à tapoter mon point de vue sur le clavier :

Se contenter d’empiler les sosas à coup de date de naissance-mariage-décès n’a beau être qu’une partie de la discipline généalogique, elle n’en demeure pas moins sa base. Et une base solide, c’est important.

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De l’utilité d’un blog généalogique

J’ai repéré ces derniers jours plusieurs exemples sympathiques d’entraide généalogique et d’épines résolues, pour lesquels les blogs et Twitter ont joué un rôle fondamental.

Depuis l’excellente idée de Sophie Boudarel de partager une « épine généalogique » en août dernier, l’initiative a fait quelques petits. Chez qui la solution a été vite trouvée.

Du côté de David (Généaligne !), un ancêtre épineux était sagard (débiteur de planches… de pin ?) : se déplaçant d’une scierie à l’autre, il a rendu difficile la recherche de son mariage. C’est en cherchant dans les relevés sur Genealogie.com que 2 commentateurs ont apporté à David la réponse et le mariage sur un plateau :)

Pour Mistike, impossible de trouver le lieu de décès d’un de ses ancêtres. Et c’est en réunissant les éléments pour rédiger un billet sur le sujet, que la réponse lui saute aux yeux :

Après Sophie et David, je voulais vous présenter une petite épine généalogique. J’en ai tout un petit tas, celle-ci étant la première. Sauf qu’en rédigeant cet article, j’ai eu un éclair de génie, et hop ! Je l’ai trouvé :) Ca fait juste… 5 ans que je le cherche, la réponse était sous mon nez, ou plutôt elle était dans ce que je n’avais pas pris la peine de regarder.

C’est d’ailleurs ce que Jean-Yves Baxter suggérait dans un dossier sur les blogs généalogiques, paru dans la Revue Française de Généalogie (n° 188 juin-juillet 2010) : tenir un blog de généalogie, c’est l’occasion de synthétiser régulièrement ses recherches pour écrire des billets, ce qui permet souvent d’envisager les blocages sous un nouvel angle et parfois de les résoudre.

De mon côté, je publiais récemment un billet sur Marguerite LATOUR, mon ancêtre de Montbrison, veuve mais dont je n’arrivais pas à trouver le premier mariage, censé m’apporter le nom de ses parents. J’avais laissé cette recherche de côté après avoir exploré plusieurs pistes en vain (et visiblement pas assez loin). C’est finalement Maïwenn qui m’a indiqué la réponse sur Twitter :

Autre intérêt du blog généalogique, le contact avec des membres de la famille, intéressés par des recherches sur une branche commune, ou par une information ponctuelle. Récemment, c’est un cousin qui apprenait l’existence des frères de son grand-père maternel. Il y a un peu plus longtemps, c’est ma cousine germaine qui me proposait une photographie du portrait d’un ancêtre, par la suite publiée ici. Sans compter quelques agréables e-mails ou courriers reçus me proposant d’échanger des informations sur nos ancêtres !

Toute cette entraide tombe d’ailleurs bien. Cette histoire d’épines généalogiques m’a remotivé pour enfin boucler ce billet que j’ai du mal à mettre en forme et à rendre clair. Il parle de Jean Pichot (celui qui m’a transmis son nom malgré les apparences) et de son épouse, un peu indéterminée…

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Archives nationales en Seine-Saint-Denis : un symbole raté

Le déménagement des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine est déjà prévu depuis longue date, mais un article récent du  »Figaro » montre la concrétisation de ce gros projet.

Ce déplacement des fonds portera les Archives nationales à une trentaine de minutes de Paris en métro ou RER. C’est très bien de vouloir décentraliser la culture et le patrimoine dans une « banlieue sensible » (mes excuses aux Pierrefittois, c’est le Figaro qui le dit).

L'emplacement des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine

Au delà du simple fait que le Marais, très honnêtement, c’est beaucoup plus sympa que les Tartres à Pierrefitte, les arguments avancés sur le site de Archives nationales sont néanmoins assez drôles : on annonce « un accès facile pour les publics franciliens, provinciaux et étrangers« . De préciser que le site se situe à 14 km de Paris et 18 km de l’aéroport de Roissy : car c’est bien connu, de nombreux provinciaux se plaignent de ne pas pouvoir venir facilement aux archives en avion.

Habitant moi-même en banlieue parisienne, je suis tout à fait pour le désenclavement des zones de banlieues, d’autant plus que le site du futur bâtiment est censé devenir une plateforme de transports multimodale (métro, RER, bus, divers tramway, future ligne de train…). Il faut néanmoins reconnaître une chose : si on veut permettre aussi facilement à tous les franciliens [1] d’accéder à un lieu, il faut que ce lieu se trouve dans Paris ou à immédiate proximité, pas à 30 mn en métro ou RER !

Mais ce que finalement, je trouve le plus amusant dans l’article du Figaro, c’est ce paradoxe, discrètement sussurré : le symbole raté de la mémoire de France dans une banlieue dite sensible.
Pour clore l’article, on nous cite les propos mignons de l’historien Pierre Nora : « Avec ce déménagement, le sanctuaire de la monarchie va se télescoper avec la France sensible, la France mélangée avec la France de la Basilique« . Ce qui permet à la journaliste de conclure par un ironique (je l’espère) « Du rôle du vieux papier comme pacificateur du 9-3 !« .

J’y vois de l’ironie parce que ce bon vieux Pierre Nora a un Sprague de retard. Cela fait quelques siècles que la Basilique de Saint-Denis est sur pattes. Le télescopage de la France mélangée avec le sanctuaire de la monarchie n’a jamais empêché ce coin de banlieue de devenir une France sensible. D’autant plus que les Archives nationales de Pierrefitte n’accueilleront que les documents postérieurs à la Révolution française. Pas de quoi fouetter un roi dans le 9-3 : on risque de trouver plus de paperasses administratives que de chartes et parchemins.

Le bâtiment des AN à Pierrefitte (maquette (c) Fuksas)

Ce qu’il y a de surprenant dans toute cette histoire de mise en valeur de la banlieue, c’est finalement bien le télescopage avec la France sensible (comme quoi, Nora n’a pas tout à fait tort). Vu la réputation de la Seine-Saint-Denis, vous aviez peur pour les vieux papiers ? Aucune inquiétude à avoir : les archives ultra-sensibles (archives de la monarchie, chartes…) « resteront à Paris, pour des raisons de sécurité et de prestige, avec les archives datant d’avant 1790 et le minutier central des notaires« , dixit le Figaro. Quant au dispositif de sécurité prévu, il ne peut être que rassurant (brrrrr) :

Situé dans une banlieue sensible – c’était un des paris de cette délocalisation décidée en 2004 par Jacques Chirac -, il sera soumis, bien sûr, au plan Vigipirate et sera fermé la nuit. Une caserne de pompiers sera construite à proximité, et un système de brumisation, moins dévastateur que l’eau en cas d’incendie, sera mis en place.

Le pari symbolique de cette délocalisation aura donc été une simple parade pour mieux faire avaler la couleuvre de l’éloignement. Au final, tout ce qui ressort de ce déménagement d’une partie des Archives nationales c’est que :

  • des efforts ont été fait pour permettre de meilleures conservation et protection des documents
  • le nouveau site des AN s’inscrit dans une logique de mise en valeur d’un territoire
  • la banlieue c’est loin mais l’offre de transport sera néanmoins largement à la hauteur
  • la Seine-Saint-Denis, ce n’est pas encore assez sûr pour qu’on lui confie nos vieux papiers…

Notes

[1] Oui, ne nous leurrons pas, si les Archives nationales étaient destinées à tous les Français, il aurait mieux valu les installer à Vichy Moulins.

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Du marketing généalogique bien pensé

Ne cherchant pas à être systématiquement à la pointe de l’actu généalogique, je me permets parfois de vous faire part de mes découvertes avec quelques mois de retard. C’est bien aussi de prendre son temps ?

Vous utilisez peut-être les alertes sur les nouvelles entrées patronymiques dans la base Geneanet ? Depuis la fin juillet, vous avez probablement remarqué que l’e-mail vous était dorénavant envoyé au format html [1] et non plus au simple format texte.

Extrait d'un e-mail d'alerte de Geneanet

Cela rend ces e-mails d’alertes beaucoup plus clairs et agréables à lire, d’autant plus que la plupart des logiciels de messagerie et les messageries en ligne affichent sans problème les e-mails au format html.

Autre innovation, côté marketing bien pensé, l’e-mail d’alerte contient également une partie proposant des ouvrages ou cartes postales anciennes vendus sur le site. Point trop révolutionnaire me direz-vous, puisque les alertes proposaient déjà une « sélection boutique » avec un ouvrage mis en avant.

Sauf qu’auparavant, les ouvrages semblaient être sélectionnés sur la base de la ville de résidence indiquée dans mon profil Geneanet. Bien ciblé, mais peut-être moins pertinent pour les généalogistes expatriés ou ne s’intéressant pas trop à l’histoire de leur ville.
Désormais, la sélection des ouvrages et cartes postales porte tout simplement sur les villages dont sont originaires vos ancêtres. Logique dans la mise en œuvre, puisque ces informations se trouvent dans votre arbre en ligne.
On m’a donc automatiquement proposé des livres sur Thiers, des cartes postales anciennes de Champeix ou Billom (Puy-de-Dôme), Saint-Denis-de-Pile (Gironde), Lesbois (Mayenne), Mauléon-Licharre (Pays Basque), Saint-Denis d’Oléron…

Extrait d'un e-mail d'alerte de Geneanet

Ce matin, j’ai également reçu une lettre Geneanet intitulée « Partez sur les traces de vos ancêtres« . Une synthèse de sélections d’ouvrages et de cartes postales anciennes dans des lieux de vie de mes ancêtres : Mantilly, Argentan, Thiers.

Je trouve l’idée très pertinente. Personnaliser généalogiquement les documents suggérés est forcément plus pertinent pour les utilisateurs. Mais c’est également une excellente démarche marketing de Geneanet, pour optimiser le taux de transformation de ces e-mails d’alertes.

Notes

[1] Mis en page comme une page web, avec des images et du texte enrichi.

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Les archives de Meurthe-et-Moselle en ligne, payantes et… bientôt rentables ?

Logo des archives en ligne de Meurthe-et-MoselleLa mise en ligne des archives d’état-civil de Meurthe-et-Moselle aurait pu se passer sans incident et surtout laisser entendre des hurlements de joie dans les chaumières généalogiques et sur le web. Or, l’accès au service est payant. Et quand on connaît les précédents (Savoie, Hérault, Saône-et-Loire), on se demande comment le conseil général meurthe-et-mosellan a pu se faire avoir aussi facilement.

Non pas qu’il soit inconcevable de faire payer un accès en ligne aux archives. Évidemment, c’est toujours mieux gratuit. Mais sous certaines conditions et justifications, à tarif raisonnable et si le service est à la hauteur, je ne trouve pas cela abominable comme principe.

Las, les foudres ont une fois de plus été déchaînées : pétition en ligne [1], commentaires dubitatifs, incompréhensifs, outrés ou râleurs sur blogs et listes de discussions. Non décidément, l’argent récolté ne servira pas à rembourser la communication puisqu’il n’y en a pas eu. Quand on sait les problèmes à chaque fois posés par une mise en ligne payante d’archives, on essaye au moins de soigner le public cible, qui est d’ailleurs une clientèle dans le cas présent. On lui explique pourquoi le service est payant. Et on essaye d’avoir de bons arguments.

En même temps… comment argumenter ?

» 2 € les 24 heures de consultation consécutives ;
» 10 € les 7 jours (7 fois 24 heures de consultation consécutives) ;
» 30 € les 30 jours (30 fois 24 heures de consultation consécutives).

Si l’on en croit la directrice des archives départementales de Meurthe-et-Moselle, le coût de la mise en ligne de ces archives, celui-là même qu’elle déclarait comme ne pouvant être à la charge des administrés, est de 15 000 euros annuels [2].
En proposant un forfait de 2 euros par an, plutôt que les actuels tarifs, il suffirait donc de 7500 utilisateurs annuels pour amortir pleinement la dépense. Est-ce insurmontable ?
Avec les forfaits actuellement demandés, je serais donc très curieux de savoir au bout de combien de mois (semaines ?) le site des AD54 fera ses premiers… bénéfices !

Notes

[1] Je ne m’étend pas sur le sujet, mes avis se trouvent dans les commentaires de la pétition FranceGenWeb.

[2] Citée dans un commentaire sur le blog de FranceGenWeb.