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Commissaire Maigret : des Piéchaud mis en scène par Simenon

Bien que connaissant de réputation littéraire le fameux commissaire Maigret, je dois avouer que je n’avais jamais lu les livres de Georges Simenon. En faisant des recherches sur mon nom de famille (Piéchaud) dans les moteurs de recherches, il y a de ça déjà quelques années, j’étais tombé sur cette sorte d’encyclopédie en ligne sur Maigret.

On y trouve par exemple la liste de tous les noms propres cités dans les aventures de Jules Maigret. C’est donc sur une de ces pages que j’étais arrivé, pour y lire ces deux notices :

Piéchaud. Mme. Ran the grocery on the ground floor of Cécile Pardon‘s building. Known as the widow Piéchaud, but actually her husband had run off with another woman, a ‘woman of easy virtue.’ [1940-CEC]

[Piéchaud (Mme). Tenait l’épicerie au rez-de-chaussée de l’immeuble de Cécile Pardon. Connue comme la veuve Piéchaud, mais son mari avait en réalité fui avec une autre femme, une femme de petite vertu.]1

Piéchaud. Poitiers had called that they were sending Piéchaud and Boivert. They’d left by car over an hour earlier. They’d both worked with M. Piéchaud, about 35, had nearly been killed while arresting a Pole, and his right cheek bore a scar left by a revolver bullet. [1947-VAC]

[Piéchaud. Poitiers avait prévenu qu’ils envoyaient Piéchaud et Boisvert. Ils étaient partis en voiture une heure plus tôt environ. Ils avaient tous deux travaillé avec M[aigret]. Piéchaud, environ 35 ans, avait failli être tué en arrêtant un Polonais, et sa joue droite portait une cicatrice laissée par une balle de revolver.]

Une autre notice, cette fois-ci disponible en français, complète les indications sur cet inspecteur Piéchaud :

Piéchaud et Boivert, deux inspecteurs de la Brigade mobile de Poitiers, qu’on envoie aux Sables-d’Olonne (VAC), et qui connaissent leur métier. Piéchaud, un grand gaillard de 35 ans, garde une cicatrice à la suite d’une arrestation mouvementée. Boivert a 30 ans. D’avoir travaillé autrefois avec le commissaire ne les empêche pas d’avoir un peu oublié l’état de « mutisme grognon » où peut se mettre Maigret pendant qu’il rumine une affaire, et c’est en vain qu’ils cherchent à le faire parler, ne s’attirant de la part du commissaire qu’un juron fatigué et bourru.

Les codes CEC et VAC renvoient aux ouvrages concernés :

  • CEC : Cécile est morte (publié chez Gallimard en 1942)
  • VAC : Les vacances de Maigret (publié aux Presses de la Cité en 1948)

Je ne pense pas que le nom Piéchaud a été choisi au hasard par Simenon. Ce n’est pas un nom si commun. Peut-être l’a-t-il emprunté à Martial Piéchaud ou Louis Piéchaud (frères de mon arrière-grand-père Pierre), tous deux écrivains ? Ou bien avait-il une autre connaissance dans la famille Piéchaud ?

Ce qui est finalement surprenant, c’est que les aventures de Maigret comptent deux personnage du même nom, personnages qui ne semblent pourtant pas être liés.

Très égoïstement, Les vacances de Maigret est donc le premier livre de Simenon que j’ai commencé à lire :)

  1. Je traduis de l’anglais au français, par avance désolé pour les erreurs. []
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Des hommes et des activités autour d’un demi-siècle

Après être tombé sur des travaux en ligne sur Adolphe ou Timothée Piéchaud, citant l’ouvrage de Jean et Bernard Guérin, Des hommes et des activités autour d’un demi siècle (Bordeaux, 1957), je profitais d’une journée à la BNF pour y faire quelques recherches.

L’ouvrage est une référence [1] pour l’étude des notabilités bordelaises entre la fin du XIXè siècle et la première moitié du XXè. Avec une bonne présence des Piéchaud, puisqu’on y trouve pas moins de neuf notices biographiques, allant d’une simple ligne à plusieurs paragraphes selon le personnage, dont [2] :

PIÉCHAUD (Adolphe). Cf. Féret. Né à Abzac (Gironde) le 25 mars 1845 [attention : Adolphe est en fait né en 1842]. Docteur en médecine, accomplit toute sa carrière à Paris, notamment comme oculiste du Sénat et de divers groupements ou associations du VIè arrondissement. Il avait créé une clinique des maladies des yeux qu’il dirigea jusqu’à sa mort. Auteur de nombreuses études sur l’ophtalmologie, il collabora, pour cette spécialité, à la Grande Encyclopédie dirigée par Berthelot. Fondateur du Journal d’Ophtalmologie dont il était rédacteur en chef. Chevalier de la Légion d’honneur, officier d’Académie. Mort à Paris le 28 septembre 1899.

PIÉCHAUD (Timothée). Cf. Féret. Frère du précédent. Né à Abzac (Gironde) le 9 février 1850, mort à Bordeaux le 28 décembre 1905. Professeur à la faculté de médecine de Bordeaux. Éminent chirurgien. Auteur d’importantes études sur la chirurgie infantile et orthopédique. Marié à Mlle Cardez. Il eut huit enfants, dont quatre fils : Martial, Pierre, Louis et Ferdinand, qui suivent.

Les autres notices sont celles de Martial (homme de lettres), Pierre (médecin), Olivier (officier), Michel (chercheur), Louis (homme de lettres), Ferdinand (médecin) et Dominique (sculpteur, dessinateur) Piéchaud. Pour les personnes intéressées, je peux faire suivre par mail (contact).

Liens internes : Timothée Piéchaud, famille Piéchaud.

Notes

[1] Malheureusement difficilement trouvable, même sur eBay !

[2] Jean & Bernard GUÉRIN, Des hommes et des activités autour d’un demi siècle, Bordeaux, Delmas, 1957, p. 565