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Décès d’Adolphe Piéchaud : ma sérendipité me mène en Seine-et-Marne

La sérendipité est le fait de trouver ce que l’on ne cherchait pas. Grand papillonneur du net, j’ai encore eu la chance de constater à quel point le hasard fait parfois mieux les choses que moi.

En quête d’un lieu de décès

Je m’interrogeais depuis quelques années sur le décès d’Adolphe PIÉCHAUD (voir mon arbre), oculiste et médecin du Sénat, frère de mon trisaïeul Timothée PIÉCHAUD. Le livre de notices biographiques bordelaises Des hommes et des activités autour d’un demi-siècle donne le 28 septembre 1899 comme date de sa mort. Dans le dossier de Légion d’Honneur d’Adolphe, un mot rédigé et signé par Timothée PÉCHAUD et Palmyre PATROUILLEAU (née Piéchaud), ses frère et sœur, est probablement plus exact : « notre frère, décédé le 27 7bre 1899 » (voir l’image).

27 septembre 1899 donc ? Adolphe PIÉCHAUD demeurait à Paris à cette période mais impossible de mettre la main sur son acte de décès, même en essayant chacun des 20 arrondissements aux Archives de Paris ! Ses proches parents demeurant à Bordeaux, j’avais tenté sans plus de succès une recherche dans les tables décennales.

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Commissaire Maigret : des Piéchaud mis en scène par Simenon

Bien que connaissant de réputation littéraire le fameux commissaire Maigret, je dois avouer que je n’avais jamais lu les livres de Georges Simenon. En faisant des recherches sur mon nom de famille (Piéchaud) dans les moteurs de recherches, il y a de ça déjà quelques années, j’étais tombé sur cette sorte d’encyclopédie en ligne sur Maigret.

On y trouve par exemple la liste de tous les noms propres cités dans les aventures de Jules Maigret. C’est donc sur une de ces pages que j’étais arrivé, pour y lire ces deux notices :

Piéchaud. Mme. Ran the grocery on the ground floor of Cécile Pardon‘s building. Known as the widow Piéchaud, but actually her husband had run off with another woman, a ‘woman of easy virtue.’ [1940-CEC]

[Piéchaud (Mme). Tenait l’épicerie au rez-de-chaussée de l’immeuble de Cécile Pardon. Connue comme la veuve Piéchaud, mais son mari avait en réalité fui avec une autre femme, une femme de petite vertu.]1

Piéchaud. Poitiers had called that they were sending Piéchaud and Boivert. They’d left by car over an hour earlier. They’d both worked with M. Piéchaud, about 35, had nearly been killed while arresting a Pole, and his right cheek bore a scar left by a revolver bullet. [1947-VAC]

[Piéchaud. Poitiers avait prévenu qu’ils envoyaient Piéchaud et Boisvert. Ils étaient partis en voiture une heure plus tôt environ. Ils avaient tous deux travaillé avec M[aigret]. Piéchaud, environ 35 ans, avait failli être tué en arrêtant un Polonais, et sa joue droite portait une cicatrice laissée par une balle de revolver.]

Une autre notice, cette fois-ci disponible en français, complète les indications sur cet inspecteur Piéchaud :

Piéchaud et Boivert, deux inspecteurs de la Brigade mobile de Poitiers, qu’on envoie aux Sables-d’Olonne (VAC), et qui connaissent leur métier. Piéchaud, un grand gaillard de 35 ans, garde une cicatrice à la suite d’une arrestation mouvementée. Boivert a 30 ans. D’avoir travaillé autrefois avec le commissaire ne les empêche pas d’avoir un peu oublié l’état de « mutisme grognon » où peut se mettre Maigret pendant qu’il rumine une affaire, et c’est en vain qu’ils cherchent à le faire parler, ne s’attirant de la part du commissaire qu’un juron fatigué et bourru.

Les codes CEC et VAC renvoient aux ouvrages concernés :

  • CEC : Cécile est morte (publié chez Gallimard en 1942)
  • VAC : Les vacances de Maigret (publié aux Presses de la Cité en 1948)

Je ne pense pas que le nom Piéchaud a été choisi au hasard par Simenon. Ce n’est pas un nom si commun. Peut-être l’a-t-il emprunté à Martial Piéchaud ou Louis Piéchaud (frères de mon arrière-grand-père Pierre), tous deux écrivains ? Ou bien avait-il une autre connaissance dans la famille Piéchaud ?

Ce qui est finalement surprenant, c’est que les aventures de Maigret comptent deux personnage du même nom, personnages qui ne semblent pourtant pas être liés.

Très égoïstement, Les vacances de Maigret est donc le premier livre de Simenon que j’ai commencé à lire :)

  1. Je traduis de l’anglais au français, par avance désolé pour les erreurs. []
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Coïncidences généalogiques à Paris

Les recherches généalogiques révèlent parfois des coïncidences étalées sur plusieurs décennies et générations.

En consultant le contrat de mariage (1828) de mes ancêtres François Henry CHAMBRON et Gabrielle Augustine Adèle DESGROUX, passé devant notaire à Paris, je m’aperçois que la future mariée est domiciliée rue de Bussy au n° 28 chez M. Ledoux, marchand de nouveautés.
Les archives de Paris proposent en ligne le cadastre par îlot (1810-1836), ce qui permet de localiser précisément l’immeuble au n° 28 sur le plan du cadastre ancien, puis de repérer l’emplacement (les immeubles ont changé depuis 1828) sur une carte récente.
La rue de Bussy (aussi orthographiée « Bussi » sur le cadastre ancien) est en fait l’actuelle rue de Buci (6ème arrondissement), les différentes orthographes sont encore aujourd’hui visibles sur un immeuble, avec cette ancienne gravure du nom de la rue :

Afficher cette vue dans Google Street View

La rue de Buci donc ? Elle est à deux pas de la rue où vécurent mes grands-parents maternels (qui n’étaient pas Parisiens d’origine) à partir du courant des années 1950. Ma grand-mère était l’arrière-arrière-petite-fille de Gabrielle Desgroux.

Rien de bien sensationnel comme coïncidence après tout… Mais j’ai trouvé plus amusant !

Le notaire chez qui le contrat de mariage a été passé est Me Louis Jean Marie Morel d’Arleux, tête d’une longue lignée de notaire parisiens. Nous étions donc en 1828.
Quelques semaines après avoir consulté cette archive notariale, j’apprends que mes oncles, enfants dans les années 1950, avaient fréquenté dans leur jeunesse les fils d’un notaire. Un certain Me Morel d’Arleux :-)

Une sorte d’implexe généalogique relationnel ?

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Déclaration de naissance : un père un peu long à la détente

Mon ancêtre Jean BOURDEU (sosa n° 108) se marie à 31 ans le 20 novembre 1829 à Sainte-Marie (64. Pyrénées-Atlantiques). L’acte le dit né à Gan (64) le 12 février 1797, période ou le calendrier républicain était en vigueur. Il est donc fort probable que l’officier d’état-civil ait fait la conversion à partir de la date républicaine de naissance.


Pour retrouver l’acte il me fallait donc faire la démarche inverse : le 12 février 1797 équivaut au 24 pluviose de l’an V.

Problème : pas d’acte de naissance de Jean Bourdeu dans le registre d’état-civil de Gan à la date calculée, même à plus ou moins deux jours près. Passée la déception habituelle de ne pas trouver un acte censé être là, je table sur une erreur de conversion : en passant du calendrier républicain au calendrier grégorien, le rédacteur de l’acte de mariage se sera peut-être trompé.

Je vais donc pour explorer de façon plus poussée le registre des naissances, en commençant par l’ensemble de l’an V.

Je trouve finalement l’acte de naissance de Jean Bourdeu au 23 germinal V (12 avril 1797). Soit deux mois après la date de naissance annoncée :

Et pourtant, l’officier d’état-civil qui a rédigé l’acte de mariage n’a fait aucune erreur de calcul… C’est tout simplement que le petit Jean Bourdeu a été déclaré à la mairie deux mois après sa naissance ! Un papa un peu distrait ?

Sources :
actes de mariage et de naissance de Jean Bourdeu, archives départementales en ligne des Pyrénées-Atlantiques

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Mais comment faisait-on avant les archives en ligne ?

J’ai parfois un peu honte de la facilité presque déconcertante avec laquelle je réalise en général ma généalogie. Depuis un peu plus d’un an, en fait depuis la mise en ligne des archives de l’Orne et de celles, nombreuses, qui ont suivies, j’avance à bien plus grand pas qu’auparavant.

Mais comment faisait-on sa généalogie avant ? Je veux dire, vraiment avant !

Un exemple de l’évolution des pratiques, avec l’acte de mariage de Daniel Combelle et Catherine de Pouget, le 22 juillet 1683 à la paroisse Saint-Pierre de Montpellier, que j’avais déjà eu le plaisir d’évoquer dans ce billet.

Louis-Guillaume Piéchaud (né en 1811) [1] :

« […] voici l’acte de son mariage parfaitement conforme à l’original et tel que nous l’avons obtenu par les bons soins de notre excellent ami l’abbé Arrou chanoine honoraire d’Auche [2] qui allant prêcher le carême de 1874 à la paroisse de St-Pierre de Montpellier voulut bien faire les démarches nécessaires pour me procurer cette pièce importante […]. »

Raphaël Piéchaud (né en 1982) [3] :

« […] voici l’acte de son mariage parfaitement conforme à l’original et tel qu’exporté en jpeg depuis le site des archives départementales de l’Hérault (archives.herault.fr) : après avoir cliqué sur « Archives en ligne » dans le menu, je sélectionnai « Registres paroissiaux et d’état civil ». Dans le formulaire, j’indiquai la ville de Montpellier et la paroisse de Saint-Pierre, cochai « Mariages » comme type d’acte, puis saisis : 1683, en date exacte. Je lançai alors la recherche. Deux registres correspondaient : j’essayai le premier et après avoir parcouru quelques pages je tombai sur la vue 111 qui me permit de me procurer cette pièce importante […]. »

Bon. Vu comme ça, ma façon de procéder paraît plus longue à raconter. Mais je vous assure que c’est plus simple sur internet qu’en passant par ce bon abbé Arrou.

Notes

[1] Extrait des mémoires manuscrites de Louis-Guillaume Piéchaud.

[2] Sic

[3] Extrait du blog tapuscrit de Raphaël Piéchaud.