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Légendes familiales

Légende familiale #1 : un ancêtre Bombel de la Rose

Nous avons tous entendu des légendes familiales, rapportées du fond des âges ou nées de la dernière pluie. Avec le temps et la pratique, on finit par se méfier de ces récits tenus pour authentiques : quelques recherches poussées les ramènent souvent au statut d’histoires farfelues.

Or, les légendes ont parfois un fond de vérité. C’est ce que j’ai décidé d’explorer dans ma mythologie familiale, à travers quelques exemples que je publierai progressivement.

 

La légende : Bombel de la Rose

Selon ma maman, sa grand-mère paternelle lui avait dit que notre famille avait un ancêtre Bombel de la Rose (je retranscris tel que j’avais compris le nom à l’oral).

J’étais encore adolescent et à peine débutant généalogiste à l’époque. Il n’en fallait pas plus pour m’enthousiasmer : ouah ! un ancêtre au nom d’apparence noble et chic, ça promettait de fabuleuses découvertes ! :)

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Insolite Portraits de famille

Décès d’Adolphe Piéchaud : ma sérendipité me mène en Seine-et-Marne

La sérendipité est le fait de trouver ce que l’on ne cherchait pas. Grand papillonneur du net, j’ai encore eu la chance de constater à quel point le hasard fait parfois mieux les choses que moi.

En quête d’un lieu de décès

Je m’interrogeais depuis quelques années sur le décès d’Adolphe PIÉCHAUD (voir mon arbre), oculiste et médecin du Sénat, frère de mon trisaïeul Timothée PIÉCHAUD. Le livre de notices biographiques bordelaises Des hommes et des activités autour d’un demi-siècle donne le 28 septembre 1899 comme date de sa mort. Dans le dossier de Légion d’Honneur d’Adolphe, un mot rédigé et signé par Timothée PÉCHAUD et Palmyre PATROUILLEAU (née Piéchaud), ses frère et sœur, est probablement plus exact : « notre frère, décédé le 27 7bre 1899 » (voir l’image).

27 septembre 1899 donc ? Adolphe PIÉCHAUD demeurait à Paris à cette période mais impossible de mettre la main sur son acte de décès, même en essayant chacun des 20 arrondissements aux Archives de Paris ! Ses proches parents demeurant à Bordeaux, j’avais tenté sans plus de succès une recherche dans les tables décennales.

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Noms de famille

L’ascendance Piéchaud en Auvergne enfin débloquée !

Grâce au courrier précieux d’un cousin bien éloigné, je crois que j’ai enfin pu me confirmer une fois pour toute l’ascendance auvergnate de la famille Piéchaud. Et m’enfin débarrasser d’une sacrée épine généalogique !

L’origine auvergnate des Piéchaud : une légende familiale ?

Si dès la moitié du XIXème siècle les Piéchaud naissaient en Gironde, leur ancêtre Louis-Guillaume PIÉCHAUD (sosa n° 48) naissait lui en 1811 sur l’île d’Oléron, à Chéray, commune de Saint-Georges. Cela je l’apprenais dans le premier volume de ses mémoires, dont je vous parlais ici en 2008. Son père Guillaume PIÉCHAUD était également né à Oléron, en 1783, fils d’Élisabeth ETELLIER, une locale, et de Jean PIÉCHAUD (qui en fait s’appelait Jean PICHOT1), un marchand venu d’Auvergne. Voici ce qu’écrivait mon ancêtre à ce propos :

C’est ainsi que vers 1770 arrivèrent à l’île d’Oleron deux frères et une sœur Piéchaud natifs de la paroisse de Louche, Province d’Auvergne, évêché de Clermont, département du Puy de Dôme, pays où se fait particulièrement le commerce de la toile et du linge de toute espèce, d’autres documens [sic] les diraient natifs de Pradée, commune d’Allége, dept. du Cantal, Auvergne. Toutefois la première version se trouve conforme aux actes de mariage et de décès, elle est donc la plus probable.

Mon ancêtre indiquait également dans ses mémoires les date, lieu et notaire du contrat de mariage, ce qui me permit à défaut de pouvoir consulter celui-ci, de me diriger vers les registres paroissiaux de Charente-Maritime (AD17) lors de leur mise en ligne. Tout aurait été simple si l’acte de mariage trouvé n’avait pas été ambigu

Des actes de baptême des enfants du couple et les actes de sépulture des parents confirment la version de mon ancêtre : un papa Jean Pichot (avec des variantes du nom type Pichos, Pichaud, Piesseau…) et une maman Elisabeth Etellier (avec des variantes type Tilliet, Etiliere…). Par exemple mon aïeul Guillaume Piéchaud est dit fils de Jean Pichot et Elisabeth Tilliet.

Un acte de mariage bien épineux

Mais un acte de baptême et surtout l’acte de mariage du 6 juillet 1773 à Saint-Pierre d’Oléron posent problème au niveau de l’épouse, qui n’est visiblement pas Elisabeth Etellier :

Extrait de l'acte de mariage de Jean Pichot et Elizabeth "Bury" (1773)
Extrait de l’acte de mariage de Jean Pichot et Elizabeth « Bury » (AD17 en ligne – Saint-Pierre d’Oléron (greffe) – 06/07/1773)

Le six de juillet mille sept cent soixante traise
[…] je soussigné ay reçu le consentement mutuel
de mariage de Jean Pichot fils légitime de feu Pierre
Pichot et de Jeanne Combes laboureur, natif du
village de Pradier paroisse d’Allanche diocèse de Clermont
en Auvergne d’une part, et d’Elizabeth Bury fille aussi
legitime de feu Antoine Bury laboureur et de vivante
Jeanne Masonne native de la paroisse de Saint Denis […]

Le rédacteur de l’acte s’est-il trompé de nom ou a-t-il confondu deux Élisabeth : une Étellier et une Bury ? Jean PICHOT s’est-il marié deux fois ? L-G Piéchaud s’est-il trompé en citant le mariage (je n’en ai pas trouvé d’autre correspondant) ?  Une confusion que l’on retrouve jusque dans les baptêmes de certains des enfants !

Même s’il apparaissait plutôt sûr que le Jean Pichot du mariage était le bon, l’absence de fiabilité des documents m’empêchait de relier avec certitude cette ascendance auvergnate.

Un cousin salvateur

J’avais justement été contacté il y a près de deux ans par un cousin très éloigné, descendant d’une des filles de Jean Pichot et Elisabeth Etellier, avec qui nous avions pu échanger nos questionnements sur cet épineux mariage. Nous n’étions d’ailleurs pas les seuls à nous interroger :

Mention "étellier ?" ajoutée en glose d'un acte au nom de Buril (Bury)
Mention « étellier ? » ajoutée en glose dans l’acte de baptême d’Anne Geneviève « Piesseau » (fille Jean & Elisabeth Buril/Bury) (AD17 – St-Pierre d’Oléron – 06/09/1790)

Puis mercredi dernier, j’ai reçu de la part de mon cousin une photocopie du fameux contrat de mariage.

Qui me semble tout éclaircir. Extrait :

Contrat de mariage de Jean Pichot avec Elisabeth Etellier

Aujourd’hui sixième du mois de juillet mil sept cent soixante
treize après midy par devant le no[tai]re royal en S[ain]tonge résidant
a l’isle d’Oleron soussigné et en présence des témoins basnommés a été
traitté et accordé les conventions du mariage qui a été beny
ce matin en l’eglize du présent bourg et pa[roi]sse de St Pierre en la
ditte isle, d’entre Jean Pichot m[archan]t colporteur, natif
de la pa[roi]sse de Lanche province d’Auvergne évêché de Clermont
dem[euran]t depuis plusieurs années audit présent bourg de St Pierre
fils légitime de feu Pierre Pichot et de vivante Jeanne Combe
d’une part.
Avec Elizabeth Etellier fille aussy légitime de feu René
Etellier et de vivante Elizabeth Masson
native de la pa[roi]sse
de St Denis aussy en la ditte isle et habitante depuis
plusieurs années dud. Bourg de St Pierre d’autre part.

[…]

Il y eu donc bel et bien une erreur sur l’acte de mariage (sur le registre communal comme sur celui du greffe) : Jean PICHOT (sosa n° 192), natif d’Auvergne, épousa Elizabeth ETELLIER (sosa n° 193), native de Saint-Denis-d’Oléron.

Le berceau de la famille Piéchaud Pichot

Quant au lieu d’origine de Jean Pichot, il s’agit donc du village de Pradiers (Cantal), dépendant à l’époque de la paroisse d’Allanche, au cœur du massif du Cézallier. Dans l’acte de mariage, on lit « Pradier paroisse d’Allanche » (et du coup je ne vois pas comment mon ancêtre put lire « Allège »), tandis que dans le contrat de mariage je lis « Lanche » (L-G Piéchaud lut apparemment « Louche »), ancienne forme du nom d’Allanche2 :


Agrandir le plan

PS : je ne vous invite pas à consulter mon arbre en ligne sur Geneanet, il n’est pas du tout du tout du tout à jour à ce sujet.

  1. Le nom aura évolué sur à peine une génération, je pense que ce sera l’occasion d’un rapide billet prochainement. []
  2. cf. précision en commentaire []
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Insolite

Commissaire Maigret : des Piéchaud mis en scène par Simenon

Bien que connaissant de réputation littéraire le fameux commissaire Maigret, je dois avouer que je n’avais jamais lu les livres de Georges Simenon. En faisant des recherches sur mon nom de famille (Piéchaud) dans les moteurs de recherches, il y a de ça déjà quelques années, j’étais tombé sur cette sorte d’encyclopédie en ligne sur Maigret.

On y trouve par exemple la liste de tous les noms propres cités dans les aventures de Jules Maigret. C’est donc sur une de ces pages que j’étais arrivé, pour y lire ces deux notices :

Piéchaud. Mme. Ran the grocery on the ground floor of Cécile Pardon‘s building. Known as the widow Piéchaud, but actually her husband had run off with another woman, a ‘woman of easy virtue.’ [1940-CEC]

[Piéchaud (Mme). Tenait l’épicerie au rez-de-chaussée de l’immeuble de Cécile Pardon. Connue comme la veuve Piéchaud, mais son mari avait en réalité fui avec une autre femme, une femme de petite vertu.]1

Piéchaud. Poitiers had called that they were sending Piéchaud and Boivert. They’d left by car over an hour earlier. They’d both worked with M. Piéchaud, about 35, had nearly been killed while arresting a Pole, and his right cheek bore a scar left by a revolver bullet. [1947-VAC]

[Piéchaud. Poitiers avait prévenu qu’ils envoyaient Piéchaud et Boisvert. Ils étaient partis en voiture une heure plus tôt environ. Ils avaient tous deux travaillé avec M[aigret]. Piéchaud, environ 35 ans, avait failli être tué en arrêtant un Polonais, et sa joue droite portait une cicatrice laissée par une balle de revolver.]

Une autre notice, cette fois-ci disponible en français, complète les indications sur cet inspecteur Piéchaud :

Piéchaud et Boivert, deux inspecteurs de la Brigade mobile de Poitiers, qu’on envoie aux Sables-d’Olonne (VAC), et qui connaissent leur métier. Piéchaud, un grand gaillard de 35 ans, garde une cicatrice à la suite d’une arrestation mouvementée. Boivert a 30 ans. D’avoir travaillé autrefois avec le commissaire ne les empêche pas d’avoir un peu oublié l’état de « mutisme grognon » où peut se mettre Maigret pendant qu’il rumine une affaire, et c’est en vain qu’ils cherchent à le faire parler, ne s’attirant de la part du commissaire qu’un juron fatigué et bourru.

Les codes CEC et VAC renvoient aux ouvrages concernés :

  • CEC : Cécile est morte (publié chez Gallimard en 1942)
  • VAC : Les vacances de Maigret (publié aux Presses de la Cité en 1948)

Je ne pense pas que le nom Piéchaud a été choisi au hasard par Simenon. Ce n’est pas un nom si commun. Peut-être l’a-t-il emprunté à Martial Piéchaud ou Louis Piéchaud (frères de mon arrière-grand-père Pierre), tous deux écrivains ? Ou bien avait-il une autre connaissance dans la famille Piéchaud ?

Ce qui est finalement surprenant, c’est que les aventures de Maigret comptent deux personnage du même nom, personnages qui ne semblent pourtant pas être liés.

Très égoïstement, Les vacances de Maigret est donc le premier livre de Simenon que j’ai commencé à lire :)

  1. Je traduis de l’anglais au français, par avance désolé pour les erreurs. []
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Insolite

Mais comment faisait-on avant les archives en ligne ?

J’ai parfois un peu honte de la facilité presque déconcertante avec laquelle je réalise en général ma généalogie. Depuis un peu plus d’un an, en fait depuis la mise en ligne des archives de l’Orne et de celles, nombreuses, qui ont suivies, j’avance à bien plus grand pas qu’auparavant.

Mais comment faisait-on sa généalogie avant ? Je veux dire, vraiment avant !

Un exemple de l’évolution des pratiques, avec l’acte de mariage de Daniel Combelle et Catherine de Pouget, le 22 juillet 1683 à la paroisse Saint-Pierre de Montpellier, que j’avais déjà eu le plaisir d’évoquer dans ce billet.

Louis-Guillaume Piéchaud (né en 1811) [1] :

« […] voici l’acte de son mariage parfaitement conforme à l’original et tel que nous l’avons obtenu par les bons soins de notre excellent ami l’abbé Arrou chanoine honoraire d’Auche [2] qui allant prêcher le carême de 1874 à la paroisse de St-Pierre de Montpellier voulut bien faire les démarches nécessaires pour me procurer cette pièce importante […]. »

Raphaël Piéchaud (né en 1982) [3] :

« […] voici l’acte de son mariage parfaitement conforme à l’original et tel qu’exporté en jpeg depuis le site des archives départementales de l’Hérault (archives.herault.fr) : après avoir cliqué sur « Archives en ligne » dans le menu, je sélectionnai « Registres paroissiaux et d’état civil ». Dans le formulaire, j’indiquai la ville de Montpellier et la paroisse de Saint-Pierre, cochai « Mariages » comme type d’acte, puis saisis : 1683, en date exacte. Je lançai alors la recherche. Deux registres correspondaient : j’essayai le premier et après avoir parcouru quelques pages je tombai sur la vue 111 qui me permit de me procurer cette pièce importante […]. »

Bon. Vu comme ça, ma façon de procéder paraît plus longue à raconter. Mais je vous assure que c’est plus simple sur internet qu’en passant par ce bon abbé Arrou.

Notes

[1] Extrait des mémoires manuscrites de Louis-Guillaume Piéchaud.

[2] Sic

[3] Extrait du blog tapuscrit de Raphaël Piéchaud.