Des Racines et des Êtres

Blog généalogique de Raphaël Piéchaud

Les possibilités de rencontre d’un couple à Paris en 1828

Je parlais dernièrement du mariage en 1828 à Paris de François Henry CHAMBRON, chapelier rue Saint-Denis, avec Gabrielle DESGROUX, mes sosa #122 et #123 (voir l’arbre descendant). J’ai quelques idées sur la façon dont les époux ont pu se rencontrer ou être mis en relation.
Je me dis souvent qu’il ne sert à rien de faire ce genre de suppositions puisque quelques documents d’archives ne donnent qu’une infime partie du contexte de vie des ancêtres. J’ai finalement trouvé l’exercice intéressant, au moins pour penser avec les paramètres de l’époque : seule certitude, mes ancêtres ne se sont pas rencontrés sur Meetic.

Rencontre au Bal (réimpression d'une gravure de 1827 in Le Bon Genre , 1931. Source : Gallica)

La Rencontre au Bal (réimpression d’une gravure de 1801 issue d’un recueil de 1827 : Le Bon Genre, 1931, vue 51. Source : Gallica)

Les familles des époux se connaissaient-elles ?

Les parents décédés de l’époux étaient installés dans l’Orne (le contrat de mariage indique maison et terre au Bourg-Saint-Léonard) tandis que les parents de l’épouse étaient de Poix-de-Picardie, à plus de 230 km au nord-est :


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Peu probable que les familles se soient côtoyées auparavant. D’autant qu’en 1828 les parents du marié et le père de la mariée sont déjà décédés (respectivement en 1809, 1819 et 1813).

Des relations de travail ?

Par contre, Gabrielle DESGROUX, au moment du mariage et selon le contrat, est domiciliée 28 rue de Buci (actuel 6ème arrondissement) chez M. Ledoux, « marchand de nouveautés ». Est-elle également son employée dans le commerce ? C’est peut-être grâce à des relations commerciales que Gabrielle et François Henry se sont rencontrés.

Des amis qui font les intermédiaires ?

Parmi les témoins du contrat et du mariage catholique, possibles intermédiaires dans la mise en relation, deux retiennent mon attention :

  • Marie Julien Boulanger : il est ami de l’époux selon le CM et chapelier au 7 quai Saint-Michel (rive gauche) selon l’acte, à distance équivalente du domicile de l’épouse (28 rue de Buci, aussi rive gauche) et de celui de l’époux (30 rue St-Denis, rive droite).
  • Marie Denis (selon le CM mais Maris Désiré selon l’acte de M) Elouin : ami de l’épouse selon le CM, il est commissaire de police domicilié 54 rue de Montorgueil, c’est à dire rive droite, à une dizaine de minute à pieds au nord du domicile-boutique de l’époux.
Témoins sur l'acte de mariage religieux de François Henry CHAMBRON et Gabrielle DESGROUX

Témoins sur l’acte de mariage religieux de François Henry CHAMBRON et Gabrielle DESGROUX (Archives de Paris)

 

Ce ne sont bien sûr rien que des suppositions et la vérité est sans doute autre : un bal ? un coup de foudre en pleine rue ? ou tout simplement un arrangement familial encore insoupçonné ?

Localisation des lieux de vie des époux avant le mariage

Pour conclure, et pour y voir plus clair, je vous ai situé sur une carte Google les domiciles des deux époux au moment du mariage (« A » pour François Henry CHAMBRON et « B » pour Gabrielle DESGROUX). L’itinéraire dans les rues du Paris actuel est bien sûr faux puisque de nombreuses rues n’ont été percées que dans la seconde moitié du XIXè siècle mais la durée de trajet à pied devait être équivalente : un bon gros quart d’heure.


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Le couple s’est par la suite installé dans l’Orne, pays d’origine de François Henry CHAMBRON.


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5 commentaires

  1. Forcément, quand les époux habitent le même immeuble ou la porte d’à côté, les hypothèses s’amenuisent :-)

  2. Haha ! Tu as déjà rencontré le cas ?

  3. La seule fois où j’ai eu une intuition sur la rencontre d’un couple d’ancêtres, c’était dans le Cantal. La mariée habitait Aurillac, le marié Marcenat dont le secrétaire de mairie était le frère de l’épouse. Ami du futur, ou accueillant souvent sa sœur qui en venant lui rendre visite a rencontré sa moitié ?
    La réponse ne peut être affirmée ou du moins confirmée, mais l’exercice est intéressant. Merci

  4. Tes suppositions sont intéressantes, Cedeca ! On ne peut en effet guère aller plus loin en l’absence du récit même des concernés. J’ai les mémoires d’un ancêtre qui raconte le contexte de la rencontre avec son épouse (mais il a aussi bien pu arranger certains passages), et de même pour ses enfants.

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