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Insolite Portraits de famille

Décès d’Adolphe Piéchaud : ma sérendipité me mène en Seine-et-Marne

La sérendipité est le fait de trouver ce que l’on ne cherchait pas. Grand papillonneur du net, j’ai encore eu la chance de constater à quel point le hasard fait parfois mieux les choses que moi.

En quête d’un lieu de décès

Je m’interrogeais depuis quelques années sur le décès d’Adolphe PIÉCHAUD (voir mon arbre), oculiste et médecin du Sénat, frère de mon trisaïeul Timothée PIÉCHAUD. Le livre de notices biographiques bordelaises Des hommes et des activités autour d’un demi-siècle donne le 28 septembre 1899 comme date de sa mort. Dans le dossier de Légion d’Honneur d’Adolphe, un mot rédigé et signé par Timothée PÉCHAUD et Palmyre PATROUILLEAU (née Piéchaud), ses frère et sœur, est probablement plus exact : « notre frère, décédé le 27 7bre 1899 » (voir l’image).

27 septembre 1899 donc ? Adolphe PIÉCHAUD demeurait à Paris à cette période mais impossible de mettre la main sur son acte de décès, même en essayant chacun des 20 arrondissements aux Archives de Paris ! Ses proches parents demeurant à Bordeaux, j’avais tenté sans plus de succès une recherche dans les tables décennales.

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Vie des ancêtres

Les possibilités de rencontre d’un couple à Paris en 1828

Je parlais dernièrement du mariage en 1828 à Paris de François Henry CHAMBRON, chapelier rue Saint-Denis, avec Gabrielle DESGROUX, mes sosa #122 et #123 (voir l’arbre descendant). J’ai quelques idées sur la façon dont les époux ont pu se rencontrer ou être mis en relation.
Je me dis souvent qu’il ne sert à rien de faire ce genre de suppositions puisque quelques documents d’archives ne donnent qu’une infime partie du contexte de vie des ancêtres. J’ai finalement trouvé l’exercice intéressant, au moins pour penser avec les paramètres de l’époque : seule certitude, mes ancêtres ne se sont pas rencontrés sur Meetic.

Rencontre au Bal (réimpression d'une gravure de 1827 in Le Bon Genre , 1931. Source : Gallica)
La Rencontre au Bal (réimpression d’une gravure de 1801 issue d’un recueil de 1827 : Le Bon Genre, 1931, vue 51. Source : Gallica)
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Vie des ancêtres

J’ai cherché la boutique de mon ancêtre chapelier à Paris

Les cloches sonnent ce 24 juin 1828 en l’église Saint-Germain-des-Prés à Paris. François Henry CHAMBRON et Gabrielle DESGROUX viennent d’être mariés. C’est, comme à l’accoutumée, la paroisse de l’épouse qui a accueillie la cérémonie : l’époux demeure en celle de Saint-Merry, rive droite, de l’autre côté de la Seine, où il exerce le métier de chapelier.

Dessin représentant l'atelier et les outils d'un chapelier en 1847
Tableau pour instruction de la jeunesse (1847) : le chapelier (Source : Gallica)
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Mes recherches

L’acte de mariage reconstitué Chambron & Desgroux aux archives de Paris

En l’état actuel de mes recherches, je n’ai pas de lignée parisienne dans mes ancêtres. Mais certains ont déjà croisé la capitale. Deux s’y sont même mariés (ensemble, hein !).

J’avais trouvé il y a quelques années déjà une référence au contrat de mariage de François Henry CHAMBRON et Gabrielle Augustine Adèle DESGROUX (sosas 122 et 123) dans un acte de vente initié par leur petit fils Joseph FOUILLEUL (sosa 30). Le contrat était passé devant notaire à Paris le 22 mai 1828. Comme l’acte de mariage ne m’était pas nécessaire pour remonter les ascendances des époux (j’avais déjà connaissance des dates et lieux de naissance dans divers documents familiaux), j’avais mis de côté la recherche du document.

Puis je me suis finalement décidé à faire un saut aux Archives Nationales, où sont conservés les registres des notaires parisiens. Le contrat de mariage est très instructif sur les possessions de chacune des parties : le fonds de commerce de l’époux, maître chapelier rue Saint-Denis à Paris, les droits de l’épouse dans une maison, deux moulins et des prairies à Poix (Somme).
Malgré des informations aléatoires sur leur état-civil : prénoms, noms et qualités des parents, mais pas d’âges, encore moins de dates et lieux de naissance :

M. François Henry CHAMBRON, Me Chapellier, demeurant
à Paris rue St-Denis n°30,
fils majeur de défunt Henry Chambron boulanger et de De
Marie Angot décédée sa veuve.

&

Et Mlle Gabriele Augustine Adèle DESGROUX
demeurant à Paris rue de Bussy n° 28, chez M. Ledoux [Marchand] de nouveautés
fille majeure de défunt Jean Baptiste Desgroux [marchand] épicier
et de Made Adelaïde Marguerite Julie Beuvain, restée sa veuve
demeurant à Poix département de la Somme.1


Pour l’acte de mariage, direction les Archives de Paris : après avoir repéré la date en consultant le fichier alphabétique de l’état-civil reconstitué (numérisé et en ligne), je me suis rendu hier sur place pour consulter l’acte… Qui n’en dit vraiment pas plus que le contrat de mariage. Et pour cause !

En 1871, les Communards eurent la bonne idée de brûler l’Hôtel de Ville de Paris. La collection communale de l’état-civil parisien brûla elle aussi. Et comme en ces temps-là on ne faisait pas les choses à moitié, on brûla aussi le Palais de Justice, ce qui anéantit également la collection d’état-civil du greffe.
Hormis quelques registres sauvegardés ça et là, il a donc fallu, à partir de 1872, reconstituer les registres paroissiaux et d’état-civil parisiens, à l’aide des registres de notaires, des registres de catholicité conservés par les paroisses, et de la bonne volonté des Parisiens qui amenèrent divers documents et extraits d’actes pour compléter les périodes lacunaires. Selon les Archives de Paris, 8 millions d’actes auraient été détruits en 1871, mais un tiers ont tout de même pu être reconstitués.

L’acte de mariage civil de mes ancêtres a probablement été reconstitué à partir des seules sources disponibles : le contrat de mariage et l’acte de mariage religieux2.

Acte de mariage

Rétabli en vertu de la Loi du 12 février 1872, par la __ section de la Commission,
dans sa séance du __________________________

4è ARRONDISSEMENT DE PARIS3 – ANNÉE 1828

L’an mil huit cent vingt-huit, le vingt
quatre juin, à Paris,
Acte de mariage de François Henry
CHAMBRON, chapelier, demeurant rue
Saint-Denis, n° 30, fils de François
Henry Chambron et de Marie Angot,
son épouse, tous deux décédés ;
Et de Gabrielle Augustine Adèle
DESGROUX, demeurant rue de Bussy, n° 28,
fille de Jean Baptiste Desgroux, décédé,
et de Marguerite Adélaïde Julie Beuvain,
sa veuve.4

Heureusement que ce mariage n’était pas bloquant dans mes recherches, car hormis quelques indications de villes fournies dans le contrat de mariage, j’aurais risqué un peu de souci pour retrouver l’origine de l’époux.

  1. Contrat de Mariage de François Henry CHAMBRON et Gabrielle Augustine Adèle DESGROUX, 22 mai 1828, Étude CI (notaire : Louis Jean Marie Morel D’Arleux), ET/CI/1030, Minutier Central des Notaires Parisiens, Archives Nationales []
  2. Mise à jour du 12 août 2010 : je l’ai trouvé ce matin en consultant les registres de catholicité de la paroisse Saint-Germain-des-Prés (celle de l’épouse), au 24 juin 1828 aussi. Il ne donne quasiment pas d’information supplémentaire à part les paroisses parisiennes des époux et les témoins au mariage. []
  3. À noter que l’époux habitait dans le VIème arrondissement ancien, quartier des Lombards, et l’épouse dans le Xème arrondissement ancien, quartier de La Monnaie. []
  4. Acte de mariage reconstitué de François Henry CHAMBRON et Gabrielle Augustine Adèle DESGROUX le 24 juin 1828 à Paris, 5 Mi1 / 2053, AD75 []
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Insolite

Coïncidences généalogiques à Paris

Les recherches généalogiques révèlent parfois des coïncidences étalées sur plusieurs décennies et générations.

En consultant le contrat de mariage (1828) de mes ancêtres François Henry CHAMBRON et Gabrielle Augustine Adèle DESGROUX, passé devant notaire à Paris, je m’aperçois que la future mariée est domiciliée rue de Bussy au n° 28 chez M. Ledoux, marchand de nouveautés.
Les archives de Paris proposent en ligne le cadastre par îlot (1810-1836), ce qui permet de localiser précisément l’immeuble au n° 28 sur le plan du cadastre ancien, puis de repérer l’emplacement (les immeubles ont changé depuis 1828) sur une carte récente.
La rue de Bussy (aussi orthographiée « Bussi » sur le cadastre ancien) est en fait l’actuelle rue de Buci (6ème arrondissement), les différentes orthographes sont encore aujourd’hui visibles sur un immeuble, avec cette ancienne gravure du nom de la rue :

Afficher cette vue dans Google Street View

La rue de Buci donc ? Elle est à deux pas de la rue où vécurent mes grands-parents maternels (qui n’étaient pas Parisiens d’origine) à partir du courant des années 1950. Ma grand-mère était l’arrière-arrière-petite-fille de Gabrielle Desgroux.

Rien de bien sensationnel comme coïncidence après tout… Mais j’ai trouvé plus amusant !

Le notaire chez qui le contrat de mariage a été passé est Me Louis Jean Marie Morel d’Arleux, tête d’une longue lignée de notaire parisiens. Nous étions donc en 1828.
Quelques semaines après avoir consulté cette archive notariale, j’apprends que mes oncles, enfants dans les années 1950, avaient fréquenté dans leur jeunesse les fils d’un notaire. Un certain Me Morel d’Arleux :-)

Une sorte d’implexe généalogique relationnel ?