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Retour aux sources : la généalogie enfin sur France 2

Récemment on avait déjà pu voir avec plaisir Arte diffuser Sur les traces du passé, une mission où un généalogiste allemand et un français (Pierre-Valéry Archassal) aidaient des « anonymes » à remonter le temps et l’histoire de certains de leurs ancêtres. Dans Retour aux sources (adapté du format britannique Who do you think you are ?) on se penche cette fois-ci sur des célébrités : Vincent Perez et Clémentine Célarié pour les deux premiers épisodes, avec évidemment l’aide précieuse d’archivistes et généalogistes dont… Pierre-Valéry Archassal (auteur entre autres de Généalogie d’aujourd’hui).

Évidemment, le fait de remonter la généalogie de personnalités donne un intérêt médiatique supplémentaire, censé maintenir l’audimat de France 2. Pourtant les deux émissions ne sont pas si éloignées l’une de l’autre. Comme on ne peut en quelques semaines/mois de recherche, ni en une émission, faire le tour complet des ancêtres d’un sujet, il faut bien faire le tri. Et donc trouver les ancêtres les plus intéressants, que le de cujus soit connu ou pas ! Une sélection qu’évoque en partie Denis Colombi dans cette analyse pleine de bon sens du thème de l’émission.

Je lis sur Wikipedia que certains épisodes de la version britannique avaient été abandonnés, faute d’avoir pu trouver des ancêtres intéressants. Et oui c’est parfois chiant la généalogie : des quartiers entiers d’ancêtres paisiblement laboureurs à l’ombre du même clocher depuis des siècles !
L’histoire familiale des parents et grands-parents de Vincent Perez est tragique mais riche : grand-père paternel fusillé par les franquistes, maman ayant connu les bombardements alliés en Allemagne pendant la Seconde guerre mondiale. On n’est pas retourné très loin aux sources, mais l’émotion qu’appelle ces faits si proches n’en était que plus présente, comme cette découverte surprise de cousins germains.

Du côté de Clémentine Célarié on partait déjà dans le bon sens. Si papa n’avait a priori pas des origines très télégéniques (mis à part des origines bretonnes qui auraient fait le bonheur de Patrick Le Lay1), la généalogie maternelle est rapidement accrocheuse : les Bréguet sont une famille d’inventeurs et d’industriels depuis plus de 200 ans. Et, dans un format TV, il est salvateur de pouvoir montrer des portraits de famille qui remontent à aussi loin (quand pour nombre d’ancêtres nous nous contentons souvent d’une simple signature comme témoignage visuel). De là on lui trouve également un ancêtre peintre orientaliste ainsi qu’un Jean-Michel de Venture de Paradis, interprète du Roi au Levant (nous aurons tous appris ce qu’est un drogman), proche de Napoléon, qui mourut avant d’entrer dans Saint-Jean-d’Acre2 et dont la famille a au passage laissé ses traces dans la toponymie des rues de Marseille.

Quant au cousinage avec Bertrand du Guesclin, il est l’occasion d’un recueillement sur le gisant du connétable à la basilique Saint-Denis. Une anecdote significative : la confusion opérée entre cousinage et descendance dans cette séquence montre bien le besoin de rendre plus télégénique la généalogie3. Sera-ce toujours aussi facile pour d’autres célébrités ?

Qu’en ont retenu Clémentine Célarié et Vincent Perez ? Sont-ils partis à la recherche de leurs autres ancêtres ? Ou bien pensent-ils avoir fait le tour de la question ? Si l’émission se poursuit, ce serait vraiment intéressant de faire, quelques mois après, des retours sur les personnes suivies et de voir si ces aperçus leur ont donné envie d’aller plus loin.

Avec entre 6 et 9 % de parts de marché hier soir, difficile de savoir si France 2 considèrera le pari de la généalogie TV comme concluant. Joliment préparée, scénarisée et réalisée, l’émission d’hier m’a bien plu et je ne puis que souhaiter une suite ! La généalogie est rare à la télévision, et voir le thème agréablement traité est très engageant (les avis dans la presse ont d’ailleurs été plutôt positifs), même si d’aucun regretteront le prisme télévisuel où le résultat de l’enquête compte souvent plus que les méthodes et le cheminement.

Pour ceux qui ont loupé la première diffusion, il me semble qu’une rediffusion est prévue, mais je vous invite à décortiquer le live-tweet de Retour aux sources (#rsources) fait par (et pour ?) des généalogistes :)

  1. Rhoooo ça va, si on peut même plus rigoler ! []
  2. Bon… malgré ce qu’en pense Clémentine, je ne suis pas sûr d’y voir un rapport avec le fait qu’elle ait nommé son fils Abraham, mais il faudrait penser à s’attacher les services d’un psychogénéalogiste au prochain épisode, je crois qu’elle a failli s’évanouir quand elle a cru comprendre qu’elle avait peut-être de la famille en Israël. []
  3. Avec les risques que cela comporte auprès des non-initiés qui s’empressent de modifier les fiches Wikipédia à l’emporte-pièce… []
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Une pensée pour Haïti…

La situation d’Haïti depuis le tremblement de terre du 12 janvier dernier semble absolument catastrophique. Évidemment, les catastrophes naturelles dans le tiers-monde sont souvent plus dramatiques qu’ailleurs, car la pauvreté, les mauvaises infrastructures de transport ou de communication, les zones d’habitat précaire sont autant de facteurs qui alourdissent les bilans et rendent difficile l’aide aux victimes.

Si vous souhaitez faire un don pour aider aux missions humanitaires en cours, voici quelques adresses :
Croix-Rouge Française
Unicef
Fondation de France
page mise en place par Google (dons, liens d’associations…)

La situation d’Haïti est terrible car cette moitié d’île est un des pays les plus pauvres de la planète. Et l’on ne peut nier, à la France notamment, une part de responsabilité assez indécente.
Haïti proclama son indépendance en 1804 après de nombreuses batailles contre les troupes de Napoléon, et devint la première république à majorité noire. Les armoiries d'Haïti (source : Wikipédia Au cours de son histoire, Haïti a connu instabilité politique et marasme économique : insurrections, coups d’état, dictatures. Sans oublier cette gigantesque indemnité de dizaines de millions de francs-or que le pays dû consentir à la France pour voir son indépendance enfin reconnue. Une « dette » qu’Haïti mit des décennies à payer à force d’emprunts qui firent larver son développement.

Tout n’est bien sûr pas imputable à la France, mais comment ne pas imaginer dans quelle situation plus acceptable pourrait se trouver Haïti si un tel poids financier n’avait pas pesé si lourdement ?

Je ne connais pas ce pays. Quelques passages d’Histoire oui, comme beaucoup d’entre nous. Pourtant son nom actuel, Haïti, ou son ancien nom colonial, Saint-Domingue, je les ai parfois croisés dans ma généalogie. Jusqu’à présent je n’y ai trouvé aucun ancêtre né, marié ou décédé. J’en connais pourtant deux qui auraient probablement été interpelés plus que d’autres par ce terrible séisme.

Né en 1779 à Saint-Flour dans le Cantal, Jean-Baptiste Passenaud (arbre) devint chirurgien militaire. Il servit notamment à Saint-Domingue à partir de mars 1803, très certainement dans les troupes françaises contre qui luttaient celles du haïtien Jean-Jacques Dessalines.

Né en 1822 à Margaux en Gironde, Ferdinand Cardez (arbre) devint négociant. De 1898 à 1903, il fut consul général de la République d’Haïti à Bordeaux.

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Une fin de novembre très généalogique

En cette période d’automne presque hivernal, deux événements généalogiques à vous réchauffer le vélin.

Ceux qui aiment pratiquer la généalogie en chausson (ou en chaussette, ça se défend aussi) pourront la vivre soit en salon (mais pas le leur, auquel cas il faudra abandonner l’idée des chaussons), soit devant le petit écran !

Salon International de Généalogie d’Argenteuil

La fin novembre annonce un rendez-vous intéressant pour les généalogistes franciliens avec la tenue du Salon International de Généalogie d’Argenteuil, organisé par l’Association de Recherches Entraide Généalogique Historique d’Argenteuil (AREGHA) les samedi 22 et dimanche 23 novembre 2008 (entrée libre). Affiche du Salon International de Généalogie d'Argenteuil

Vu la liste des exposants, ça risque de fortement valoir le détour ! Et ça tombe bien puisque je peux même y aller à pied.

Plan d’accèsSite du salon

Arte : Sur les traces du passé

De nombreux généalogistes français et allemands doivent également attendre avec impatience la fin du mois de novembre. C’est en effet du 24 novembre au 3 décembre 2008 que seront diffusés quotidiennement à 20h15 les huit épisodes de l’émission d’Arte Sur les traces du passé.

Pierre-Valéry Archassal et André BechtoldPierre-Valéry Archassal, côté français, et André Bechtold, côté allemand, se sont ainsi penchés sur quelques histoires et secrets de famille avec une approche généalogique.

Le site d’Arte propose depuis quelques temps déjà des interviews des deux généalogistes au sein d’un dossier complet sur l’émission.

Photos : AREGHA / Arte

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Les remous de la mise en ligne privée d’archives publiques (ou pas)

Le problème quand on ne manie pas (ou ne veut pas manier) avec nuance le vocabulaire de la généalogie et qu’on écrit un article sur le sujet des rachats d’archives, c’est qu’on risque parfois de se faire mal comprendre.

C’était un peu le cas mercredi, dans cet article du Figaro au titre quelque peu racoleur, pour parler des achats de fonds privés par les sites généalogiques et d’un possible appel au privé pour la mise en ligne d’archives d’état-civil. Cet article s’intitule en effet « Des pans entiers de l’état civil vont passer aux mains du privé« .

Un instant, j’ai bien cru qu’Ancestry allait pouvoir acheter des registres d’état-civil à nos chères archives départementales. D’autres s’en mêlent et s’emmêlent un peu les pinceaux : un message fait actuellement le tour des listes de discussions généalogiques en clamant qu’Ancestry vient d’obtenir « le droit de détenir les archives d’état civil« .

Il s’agit en fait d’une « précieuse collection privée de copies d’actes de naissance, de décès et de bans de mariages » pour laquelle le site américain Ancestry a acquis la diffusion en ligne. Privée, la collection.

Les nouvelles collections sur le site d'Ancesty

Non mais vraiment, il ne fallait pas de meilleur titre d’article pour déclencher une insurrection dans les salles de lecture !

Ne nous rassurons pas non plus trop vite. Si le patrimoine archivistique public demeure inaliénable, des prestataires privés pourraient bel et bien acheter le droit de numériser des archives publiques pour les mettre en ligne. Et sûrement pas gratuitement.

L’article du Figaro fournit en tout cas à ce sujet un très intéressant panorama de ce qui est déjà en place (numérisations et mises en ligne publiques) et de ce qui nous attend quant aux mises en ligne privées de fonds publics. Une lecture qu’on complètera avec les judicieuses précisions de Guillaume de Morant sur GénéInfos, par qui j’ai pris connaissance de l’article du Figaro.

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Un groupe Facebook pour les (jeunes) généalogistes

Logo de Facebook« Je fais de la généalogie, j’ai moins de 50 ans et j’assume (ou pas) ! » : c’est le titre d’un groupe Facebook, initié par Maïwenn (D’aïeux et d’ailleurs) et destiné aux généalogistes qui n’ont pas (ou pas encore) le profil attendu :

Si tu es un fan de généalogie et que tu assumes (ou pas) tes moins de 50 ans.
Si tu as parfois l’impression de faire dégringoler la moyenne d’âge de la salle de lecture des archives.
Si tu manies aussi bien les registres paroissiaux que les tuyaux du web généalogique.
S’il t’arrive lors de ton temps libre de faire un saut aux AD ou aux AM et de sentir parfois le regard interrogateur de tes copains.
Si des généalogistes internautes en te rencontrant ont failli faire une crise cardiaque parce qu’ils n’avaient pas réalisé ton (jeune) âge.
Bref, si tu es un geek de la généalogie, dans le placard ou qui s’assume, ce groupe est fait pour toi !

Bien sûr l’âge n’est qu’un prétexte (« les plus de 50 ans sont accueillis à bras ouverts également« ), et comme sur la plupart des groupes Facebook, l’esprit est au second degré. Pourquoi devrait-on toujours être sérieux avec la généalogie ?

Si vous vous sentez une âme de geek de la généalogie, n’hésitez pas à vous inscrire. On ne le dira à personne ! :-)

Je fais de la généalogie, j’ai moins de 50 ans et j’assume (ou pas) !