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Mes recherches

Mon ascendance dans la Nièvre (XIXème – XVIIIème siècles)

Depuis que les archives départementales de la Nièvre ont mis en ligne les registres d’état-civil puis les registres paroissiaux, j’ai passé des heures nombreuses sur leur site. Au bénéfice de ma branche nivernaise, bien évidemment.

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Vie des ancêtres

Historique du 95è Régiment d’Infanterie : Campagne 1914-1918

11 novembre oblige (je sais, c’était hier), je me disais qu’il fallait marquer un peu le coup. Je ne savais pas trop comment. Depuis l’ouverture de ce blog et les quelques billets sur mon arrière-grand-père Robert Bourbon, j’ai eu l’occasion d’échanger avec diverses personnes, comme moi à la recherche d’informations pour en savoir plus sur leur ancêtre poilu.

Robert Bourbon était capitaine dans le 95ème régiment d’infanterie. Parmi photos et documents le concernant, j’étais tombé sur un livret intitulé Historique du 95ème Régiment d’Infanterie : campagne 1914-18.

Couverture Historique du 95è Régiment d'Infanterie (1914-18)

Comme quelques personnes me demandent régulièrement d’où vient ce document et ce qu’il contient, plutôt que de faire des envois individuels, autant le mettre à la disposition de tous, une fois pour toute. Outre le récit des diverses batailles auxquelles a participé le 95è, on trouve à la fin de ce livret une liste nominative des officiers et soldats tués à l’ennemi.

J’ai scanné le tout au format PDF, en plein-texte (permet de faire une recherche sur un nom par exemple). C’est du lourd (22 Mo pour 44 pages) mais je vous ai fait ça proprement.
J’ai entièrement conscience que cet ouvrage n’est probablement pas libre de droit. Donc si cette mise en ligne dérange un éventuel ayant-droit, je suis prêt à la retirer. En même temps, en l’absence d’auteur identifié, dur de les trouver ces ayants-droit !

Historique du 95ème Régiment d’Infanterie (Campagne 1914-18)
(PDF – 22,5 Mo)

Dès le début, la lecture donne une jolie image des élans positifs du départ à la guerre… Ça en devient presque beau :

Les préparatifs commencent immédiatement, les réservistes arrivent joyeux et confiants. Le 5 août, a lieu la revue de départ, et le 6 au soir, après un passage triomphal dans les rues de Bourges, le régiment s’embarque à Port-Sec, dans des trains pavoisés.

Pour compléter le tableau, de façon moins romancée mais probablement pas exempte d'(auto-)censure, je vous conseille de consulter les Journaux des Marches et Opérations (J.M.O.) qui ont été mis en ligne à l’occasion de ce 11 novembre (quelques jours avant pour être précis) [1].
Pour le fonctionnement du site et de la recherche de J.M.O., je vous invite à consulter l’article sur le blog de Généanet, qui est très complet.
On trouve évidemment en ligne le journal du 95ème Régiment d’Infanterie, avec le récit au jour le jour des actions et faits d’armes, mais aussi les chiffres des pertes humaines.

À propos de Robert Bourbon, au 29 octobre 1918 [2] :

Le Bataillon Delarue tient la crête militaire de la croupe N. de chapelle, depuis le chemin de terre N.S. chapelle – Recouvrance, jusqu’en 00.34 sur le chemin de terre E.O. passant par la Chapelle, où se fait la liaison avec le Régiment de gauche. Celui-ci est encore au Sud de la cote 91.
Les mitrailleuses de Banogne lui causent toujours beaucoup de mal, et rendent impossible toute circulation à la pointe O. de la croupe de Chapelle. Le capitaine adjudant major Bourbon est mortellement atteint, le sous-lieutenant Cotineau, de la 11è, très grièvement.

Je n’en saurai donc pas tellement plus ici sur les circonstances exactes de son décès, mais de document en document, on finit par cerner des éléments plus précis.

Extrait du Journal des Marches et Opérations du 95è RI

Je vous souhaite un joli mois de novembre et que la paix soit dans vos esprits.

Notes

[1] Ils sont toujours physiquement disponible aux archives militaires du fort de Vincennes (94).

[2] J.M.O. – 19 octobre 1918 – 27 avril 1919 – 26 N 670/8, vue 9.

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Vie des ancêtres

Mort pour la France

Journée un peu spéciale aujourd’hui. Alors qu’il n’y a plus en France de soldats survivants de la première Guerre Mondiale, cette commémoration 2008 de l’Armistice me semble sonner la fin d’une époque. Les discussions sur le nombre de journées de commémoration donnent d’ailleurs le ton : on s’éloigne de 1914-18 et il est peut-être temps de voir plus large, de commémorer en une même journée tous les morts des barbaries guerrières.

Alors ce jour-là, chacun se souviendra des siens :

Capitaine adjudant major d’une grande bravoure. Au cours de l’attaque du 29 octobre 1918, s’est porté en avant en suivant immédiatement la première vague d’assaut. Reconnaissant la position conquise, sans se soucier du danger, sur un glacis violemment battu par les mitrailleuses ennemies restées en action sur les flancs a été mortellement atteint par une balle. [1]

Tout cela paraît beau et héroïque. Après, il fallait bien avertir la famille :

Le 30 – 10 – 18

Monsieur Madame
C’est avec la douleur la
plus cruel que je viens
vous apprendre la mort
glorieuse de votre fils
Capitaine Bourbon
tombé mortellement
blessé dans mes bras
à mes cotés
Je lui ait fait tout
ce que j’ai pu mais
une emoragie interne
la etouffé

J’ai en ma possession
toutes ses affaires appareils
photo jumelle, porte monnaie
couteau et tout le
nécessaire à toilette
plus tout le linge qui
est dans la cantine.
Sitôt que je pourrai
je vous expedierai le tout
sitôt aussi que je connaitrai
l’endroit où il serat
inhumé je vous le ferez savoir
quelle perte tous les soldats
le pleure

Soyez bien persuadés que je
prend part à votre plus grande
douleur. Je n’écrit pas
à Madame Bourbon j’en ai
pas la force.

Votre tout dévoué

Antoine Dubois

Pardonnez mon griffonnage je
suis à 080 mètres des boches
dans un trou d’obus [2]

puis

Le 1 – 11 – 18

Monsieur Madame

Sur la lettre du 30
que je vous ait adressé
je vous marquai que
sitôt que je saurai
l’endroit ou votre fils C[apitaine] Bourbon
serait enterré je vous le
ferait savoir. C’est hier
31 qu’il a été enterré
dans le cimetiere de
Avaux Aisne [3]
Beaucoup d’officiers
y assistaient

Sitôt que je pourrai
j’enverrai toutes ses
affaires à Madame
Bourbon. Pour
le porte feuille et le
porte-monnaie je
l’apporterai moi-même
en venant en permission
peut-être pas avant un
mois
Pauvre Capitaine
tous les soldats du
bataillon le pleure.
Votre tout dévoué [4]

Héroïsme, c’est finalement bien de cela dont il aura été question à l’époque :

Les jeunes enfants de nos confrères de Laborderie et Bourbon comprendront un jour la tragique destinée de leurs pères. Ils apprécieront à sa haute valeur leur héroïsme admirable et en recueilleront pieusement l’héritage.
Et nous, nous n’oublierons pas, dans ces vieux murs tout imprégnés d’histoire, sur ces substructions gallo-romaines, remparts élevés contre les invasions déferlant déjà de l’Ouest germanique, que nos morts furent les héros d’une épopée devant laquelle s’éclipsent les fastes sanglants de nos vieilles gloires. [5]

Robert Bourbon avait épousé Jeanne Fouilleul en 1910 à Thiers (63) : Mariage de Robert Bourbon et Jeanne Fouilleul à Thiers en 1910

Leurs filles jumelles (l’une d’elles est ma grand-mère maternelle) naquirent le 4 septembre 1914 à Bourges (18) : Danielle et Geneviève Bourbon

Robert Bourbon est décédé le 29 octobre 1918, dans la forêt de Recouvrance.

Notes

[1] Attribution de la croix de Chevalier dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur à Paul Robert Bourbon, à titre posthume, le 1er octobre 1919 à Bourges.

[2] Lettre signée Antoine Dubois, adressée à M. Bourbon à Saint-Révérien, Nièvre.

[3] Avaux se situe en fait dans le département des Ardennes.

[4] Lettre signée Antoine Dubois, adressée à M. Bourbon à Saint-Révérien, Nièvre.

[5] Ordre des avocats près la cour d’appel de Bourges, Hommage aux Avocats du barreau de Bourges morts pour la France (1914-1918), Bourges, 1921, pp. 10-11.

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Portraits de famille Vie des ancêtres

Quelques nouvelles photos du capitaine Robert Bourbon

Il y a quelques mois, je publiais sur ce blog quelques photographies tirées de l’album de mon arrière-grand-père Robert Bourbon. Des photos prises durant le conflit 1914-18. Au dos de certains clichés, des surnoms, parfois des noms. Avec dans l’idée que des personnes en quête de ces noms finiraient bien par tomber sur mon blog.

Ce fut assez rapidement chose faite. Le sous-lieutenant Joseph Cassaing aura intéressé deux habitants de Lissac, son village natal en Ariège. L’un des deux, Michel Vidal, prépare en effet une exposition à partir des clichés tirés de l’album de Joseph Cassaing. Il y a quelques jours, il m’a gentiment fait parvenir un CD préparatoire, contenant les photos numérisées. Joli retour des choses, puisque sur certaines prises de vue on retrouve à son tour Robert Bourbon (à droite sur la photo ci-dessous).

Capitaine Bourbon et officiers tchécoslovaques

Un assez long voyage pour mon arrière-grand-père, sorti des tranchées sur papier argentique (à défaut d’en être sorti vivant…) pour sommeiller dans les Pyrénées pendant au moins 90 ans, avant de refaire surface récemment.

C’est maintenant à mon tour d’envoyer à M. Vidal les photos prises par Robert Bourbon. Et pour ça, rien ne vaut de perdre plusieurs soirées à essayer en vain de réinstaller le logiciel du scanner HP… Ce qui est enfin fait depuis dimanche dernier. Ouf, au travail !

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Portraits de famille

Quelques photos de guerre de Robert Bourbon

La froideur des documents écrits, notamment des fiches des Morts pour la France dont je vous parlais ici et ici, fait bien souvent oublier le vécu même des personnes que nous étudions. A se focaliser sur les dates et lieux de naissance ou de mort des soldats de la Grande Guerre, leur grades, leur numéro de matricule, on a ainsi du mal à s’imaginer la vie dans les tranchées, au delà des quelques photos montrées dans les livres d’école.

Robert Bourbon a laissé derrière lui un petit album de croquis et de photos de la guerre.

J’y ai piqué quelques photos qui m’ont paru intéressantes. Je retranscris tant bien que mal les légendes1 (abréviations développées tant que possible), notamment les noms, au cas où quelqu’un s’y intéresserait. Dans les propriétés des fichiers photos2 j’ai inscrit la légende en « titre ».

bourbon - tranchees 1914-18 (1).jpg
« Annamites travaillant aux voies ferrées (camp. 202 – octobre 1917) »

bourbon - tranchees 1914-18 (2).jpg
« Pion – moi – Sainmont »
[« moi » étant Robert Bourbon]

bourbon - tranchees 1914-18 (3).jpg
« Pythore et Brisebal »
[ou Brisebat ?]

bourbon - tranchees 1914-18 (4).jpg
« La neuville – #### de la ceinture à parachute – septembre 1917 »

bourbon - tranchees 1914-18 (5).jpg
« Caporal Jouno, Brisebal »
[ou Brisebat ?]

bourbon_-_tranchees_1914-18__6_.jpg
« De gauche à droite : Cassaing, [commt], Debard, Paquel, Pochard, Vielleraut. Devant une grange de Courtemont – septembre 1917 »

bourbon - tranchees 1914-18 (7).jpg

bourbon - tranchees 1914-18 (8).jpg

bourbon - tranchees 1914-18 (9).jpg
« Adislas de garde à mon PC (aout 1917) »

bourbon - tranchees 1914-18 (10).jpg

bourbon - tranchees 1914-18 (11).jpg
« A la 2eme: Daval à droite et Besson à la porte de l’abri de Daval »

bourbon - tranchees 1914-18 (12).jpg
« Ma tranchée vers l’automne – fin août »

Même si c’est une éventualité que je ne leur aurais pas souhaitée, j’ai tout de même vérifié si le nom de ces personnes apparaissait dans la liste des « tués à l’ennemi » du 95ème Régiment d’Infanterie, le régiment de Robert Bourbon, reproduite dans un petit fascicule intitulé Historique du 95è Régiment d’Infanterie. Le tout complété par les données du site Mémoire des Hommes pour vérifier les dates.

Voici les personnes que j’ai trouvées dans le 95è régiment d’infanterie et tuées à l’ennemi. Ce qui ne prouve bien sûr pas que ce sont ces personnes sur les photos !

Émile Henri PION (Vicq-Exemplet, 1892 – 1918).
– Fernand Jean PION : né le 6 mai 1900 dans le Cher (fiche indisponible pour cause d’informations à caractère médical)
Louis Charles Anaclet PION, lieutenant (Baugy, 1881 – 1918).

Joseph Germain CASSAING, sous-lieutenant (Lissac, 1895 – 1918).

– Il y a un René-Alexandre DEBARD, caporal, mais il est décédé en 1914 : la photo datant de 1917, ce n’est donc pas lui sur la photo.

Maurice POCHARD, lieutenant (Bourges, 1894 – 1918).

Il est également possible que certains des noms inscrits au dos des clichés soient des surnoms.

  1. La plupart des photos sont légendées au dos, mais sont collées dans l’album, ce qui est bien gênant pour lire ces légendes… []
  2. Une fois le fichier JPEG enregistré sur votre ordinateur, faites un « clic droit » puis « propriétés » et onglet « résumé ». []