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Insolite

Le temps des vacances…

Certains prêtres du XVIIIè siècle avaient l’air parfois tellement débordé qu’un peu de vacances ne leur aurait pas fait de mal. À moins qu’un excès de vacances fasse parfois prendre du retard dans la rédaction d’actes ?

La solution ? deux actes en un1 :

La semaine précédente ont été inhumés les corps
de Leonord Couppel fille de Me~ sr de la Rousselière
et fe~ et de Pierre Chenu fils de François Chenu
et de Marie Le – – – – – – sa femme le premier
agé de huit mois ou environ et lautre de
deux ans ou plus assistés de leurs peres et meres
aresté ce quatorze Aoust mil sept cent vingt
et trois
(signe : Hermé de Reveillon)

Ou encore, ni vu ni connu, la régularisation quatre mois après2 :

Il y a quatre mois ou environ qu’il a été
inhumé un enfant nommé Sebastien fils de —
Rousseau et de Marie Aubray ses pere et mere
en foy de quoi jay signé le present —
dixieme Aoust 1723
(signe : R. Fouilleul, prêtre)

  1. Registre paroissial de Saint-Aubin-Fosse-Louvain (53), 1723 (AD53 en ligne,  »Saint-Aubin-Fosse-Louvain BMS 1721-1736 – Mairie », vue 26). []
  2. Idem []
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Mes recherches

Mise à jour de mon arbre en ligne (mars 2008)

Chose promise, chose due !

La Mayenne est à l’honneur grâce à ses archives en ligne. Les Cordier, Couppel, Ernault, Hebert, Laigre, Le Brun, Le Crosnier, Le Fizelier et Rousseau ont fait leur entrée dans ma généalogie depuis ces dernières semaines. Et aujourd’hui sur mon arbre en ligne.

Mise à jour à la sauce mayennaise donc, pour le moment principalement localisée sur Saint-Aubin-Fosse-Louvain, Désertines et Lesbois.

Particularité de Lesbois, comme quelques autres communes du nord Mayenne, la paroisse a connu un statut mixte, étant partagée entre Maine et Normandie, puis entre Mayenne et Orne. De fait, la plupart de mes ancêtres de Lesbois semblent provenir de la partie normande.

Du côté de Saint-Aubin-Fosse-Louvain, je pense avoir recensé la quasi totalité des Couppel descendants d’Etienne Couppel et Renée Hebert, au moins jusqu’au deuxième tiers du XVIIIème siècle, dont leur petit-fils Pierre André Couppel qui a laissé un court livre de raison.

Avec la mise en ligne des archives de la Gironde, je pensais également pouvoir développer la branche Piéchaud. Toutes les communes et périodes n’étant pas en ligne, je n’ai pu trouver en tout et pour tout qu’un seul acte de baptême !

Mon arbre généalogique sur Geneanet

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Vie des ancêtres

Les remarques de Maître (Pierre) André Couppel

J’ai finalement trouvé en ligne un document très intéressant à propos du livre de raison de Pierre-André Couppel (1712-1745) dont je parlais dans le billet sur les écrits du for privé. Et il s’agit là d’un excellent exemple des possibilités de recherches couplées entre Google Books et Gallica.

Comme je furette régulièrement dans Google Books pour voir si ne s’y cachent pas des livres parlant des familles que j’étudie, j’avais décidé le weekend passé de faire une petite recherche sur les Couppel, recherche que je me souvenais avoir lancé sans trop de succès il y a quelques semaines. Cette fois-ci je tombe sur ce livre, le Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne pour l’année 1915. Malheureusement, seuls des extraits de l’exemplaire numérisé sont disponibles, les trois ci-après : Extrait du Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne Extrait du Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne Extrait du Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne

Une petite recherche sur Gallica et, oh surprise !, on y trouve effectivement le Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne. Il ne reste plus qu’à y chercher celui de l’année 1915 et à se rendre aux pages indiquées dans GoogleBooks : 428, 429, 430. On tombe sur un article d’Ernest Laurain [1] intitulé « Les remarques de Maître André Couppel » qui parle bel et bien du livre de raison de Pierre-André Couppel.

Fort peu nombreux sont aux Archives de la Mayenne les livres de raison que nous a légués l’ancien régime […]. En voici un […] que nous a laissé […] Pierre-André Couppel, notaire à Saint-Aubin-Fosselouvain. C’est un petit cahier de papier, mesurant 0 m. 17 sur 0 m. 13, comptant seize feuillets à peine, et commencé par les deux bouts.

En effet si d’un côté Pierre-André Couppel raconte brièvement les années 1735 à 1740, il entame de l’autre côté un livre de comptes succint : « […] prenant son cahier par l’autre bout, il y inscrit ses diverses recettes et ses dépenses ménagères« . Ce qui permet à l’auteur de l’article de nous donner quelques informations sur les dépenses et événements familiaux de Pierre-André, en plus de ses études et fonctions.
À en lire cet article, il s’agit donc bien du Pierre-André Couppel (1712 – 1745) qui m’intéressait, licencié en droit et bailli de la châtellenie de Saint-Aubin-Fosse-Louvain (53) parmi d’autres fonctions. Il était un cousin germain de mon ancêtre Pierre Couppel (1714 – 1777).

Ernest Laurain produit néanmoins plusieurs erreurs qui contredisent les documents paroissiaux que j’ai pu trouver.
Pierre-André est ainsi dit petit-fils de René Couppel sieur d’Hauteville, et fils d’André Couppel sieur de la Rousselière. Or, si Pierre-André, d’après son acte de baptême [2], est effectivement le fils d’André Couppel, il apparaît être le petit fils d’Etienne Couppel sieur du Bourg, si l’on en croit l’acte de mariage d’André [3], qui indique comme père, et donc aïeul de Pierre-André, « feu Ethiene Couppel sr du Bourg« . Toujours selon l’article, Pierre-André Couppel serait décédé en 1748. Pourtant l’acte d’inhumation trouvé en 1745 dans le registre paroissial de Saint-Aubin décline avec précision son identité laissant peu de place au doute : « Lonzieme jour du mois de novembre l’an [mil] sept cent quarante cinq par nous curé de Lesbois soussigné a été inhumé dans leglize dud. St Aubin le corps de maitre Pierre André Couppel [bailli] de la juridiction dud. St Aubin agé de [trente] trois ans dix mois décédé du jour d’hyer » [4].

Mais ce qui était plus inattendu, c’est la publication, par le bulletin, dans son intégralité (comptes exceptés) du livre de raison de Pierre-André Couppel ! Un document qui ne contient en fait pas d’informations généalogiques à proprement parler, mais un témoignage extrêmement intéressant historiquement : événements météorologiques (fortes tempêtes en 1735, forte neige un 16 mai 1740 !), poids des impôts, épidémie, famine, prix des denrées…

En attendant de consulter le document original (conservé aux archives de la Mayenne) pour vérifier le contenu et en lire le verso, voici déjà une aide précieuse ! Il ne reste plus qu’à attendre que Gallica 2 développe la recherche plein-texte dans tous les documents numérisés de Gallica, afin de faciliter encore plus ce type de trouvailles bienvenues.

J’ai extrait en PDF les pages de l’article que vous pouvez télécharger ci-après : E. Laurain – Les remarques de Maître André Couppel (PDF – 245 Ko)

Notes

[1] Chartiste et archiviste de la Mayenne selon le bulletin.

[2] 1er février 1712 à Saint-Aubin Fosse-Louvain (AD53 en ligne – Saint-Aubin Fosse-Louvain BMS 1712-1721 – Mairie – vue 2).

[3] 28 avril 1711 à Saint-Aubin Fosse-Louvain (AD53 en ligne – Saint-Aubin Fosse-Louvain BMS 1711 – 4 E 233/2 – vue 4).

[4] Acte daté du 11 novembre 1745 à Saint-Aubin Fosse-Louvain (AD53 en ligne – Saint-Aubin Fosse-Louvain BMS 1741-1746 – 4 E 233/4 – vue 96). Les mots entre crochets sont des reconstitutions personnelles suite aux coupures dues à la pliure dans la numérisation.

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Mes recherches

De l’Orne à la Mayenne

J’ai finalement été très peu affecté par la fermeture temporaire pour amélioration des archives en ligne de l’Orne. Je les attendais un peu comme le messie et elles sont vite reparties dans leur lieu de méditation. Mais durant leur court intervalle d’accessibilité sur la toile, j’ai eu l’occasion de les exploiter tant que je pouvais.

Joseph FOUILLEULJ’avais déjà entamé des recherches sur ma branche Fouilleul : mon trisaïeul Joseph Fouilleul (tiens ça rime), avocat à Thiers, s’est marié et a fini ses jours dans le Puy-de-Dôme. Il était né à Sainte-Scolasse dans l’Orne. De nombreux papiers familiaux (copies d’actes, documents notariaux…) m’avaient depuis l’an dernier permis de remonter jusqu’au début du XIXème siècle sur une partie de son ascendance ornaise.

En consultant sur Internet l’état-civil et les registres paroissiaux de l’Orne pendant quelques jours, j’ai pu confirmer ces informations généalogiques et prolonger la remontée temporelle. Mais surtout, en une génération manquante, je suis tombé sur une ancêtre originaire de la Mayenne, Françoise Couppel, l’arrière-grand-mère de Joseph Fouilleul. Il faut dire que cette branche des Fouilleul vivait à Mantilly, qui se trouve à la confluence de trois départements : Orne, Manche et Mayenne.

Signature de Françoise COUPPEL en 1775

De Mantilly j’ai donc rejoint la paroisse de Lesbois sur les registres paroissiaux des archives en ligne de la Mayenne [1], puis Saint-Aubin-Fosse-Louvain. J’ai ainsi pu tranquillement continuer ma route ancestrale en Mayenne, tandis que les voies de l’Orne me devenaient impénétrables. Pour le moment je continue d’approfondir la branche Couppel de Saint-Aubin-Fosse-Louvain, collatéraux compris, et je m’étend lentement vers les communes voisines, mayennaises ou non.

Il me reste encore plusieurs actes de cette recherche à transcrire et synthétiser, mais je pense pouvoir mettre le résultat en ligne d’ici deux à trois semaines, via une mise à jour spéciale Mayenne de mon arbre généalogique en ligne.

Iconographie :
– photo de Joseph Fouilleul
– signature de Françoise Couppel sur son acte de mariage en 1775 à Mantilly (61)

Notes

[1] La présence des recensements de population numérisés est d’ailleurs d’une précieuse utilité !

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Considérations

Archives en ligne et communication institutionnelle

Pour une collectivité territoriale (département, commune), mettre à disposition des fonds issus des archives départementales ou communales sur internet est un projet qui ne peut se réduire à la simple visée logistique de désengorgement des archives départementales.
D’une part parce que toutes les AD ne sont pas engorgées et parce que toutes les expériences semblent montrer que la mise en ligne des registres paroissiaux et d’état-civil ne désertifie pas pour autant les salles de lectures.
D’autre part parce que la mise en ligne d’archives participe d’un mouvement d’accessibilité accrue du patrimoine mémoriel : une personne où qu’elle se trouve dans le monde peut désormais accéder à des archives ou documents numérisés qui se trouvent peut-être physiquement à des centaines ou milliers de kilomètres.

La mise en ligne des registres paroissiaux et d’état-civil et autres documents d’archives va également, selon moi, bien plus loin et ne se résume pas à des prérogatives ministérielles ou scientifiques. Elles amène la possibilité d’une forte action de communication de la part des conseils généraux à destination des généalogistes, des historiens, et au delà, à destination de l’ensemble des administrés.
C’est un moyen de mettre en avant l’action du département dans les domaines culturels et patrimoniaux en donnant l’occasion d’insister sur ses spécificités historiques et sociales. En facilitant l’accès à ses ressources archivistiques, le département ou la commune verra d’ailleurs par ricochet se développer les travaux historiques, généalogiques ou sociologiques sur son passé.
La mise en ligne d’archives peut devenir, en termes de communication institutionnelle, un puissant instrument de notoriété auprès de divers publics. Si la mise en ligne d’archives départementales fait rarement la une du journal de vingt heures, l’info est tout de même susceptible d’attirer l’attention d’un certains nombre de personnes, et pas uniquement parmis les administrés locaux : en 2001, une étude de la Sofres laissait par exemple entendre qu’entre 500 et 800.000 français seraient des généalogistes actifs. Ce qui représente un public non négligeable ! Non pas qu’il y ait nécessairement 500.000 Français qui se servent des archives en ligne, mais au moins le même nombre qui puisse être sensibilisé à leur existence…
Une mise en ligne réussie d’archives positive donc l’image de la collectivité concernée : combien de fois ne cite-t-on pas en exemple les archives départementales de la Mayenne pour la précocité et la qualité de leurs services en lignes ? autant d’échos positifs pour l’image du département.

Or, que se passe-t-il si une mise en ligne s’annonce entachée ? En regardant le cas récent des archives départementales de l’Hérault, on prend peur pour l’image du département et de ses AD auprès d’une des principales cibles : généalogistes et historiens. Alors même que la mise en ligne de l’état-civil aurait pu être une nouvelle acclamée par la communauté généalogique, l’accès payant annoncé a au contraire dressé une muraille d’incompréhension et de colère des généalogistes à l’égard du conseil général de l’Hérault et de la direction des archives (pétitions, protestations avec répercussions médiatiques locales)…
Certes, l’information de l’accès payant semble avoir pris de court les services de communication départementale, puisque révélée bien innocemment dans un article de presse. Mais ce qui est désormais avancé comme justifications (favoriser le tissu associatif plus ou moins local et les recherches collectives [1]) me semble plutôt tenir du reproche fait à un potentiel individualisme des généalogistes utilisant le web (gratuit)… On a vu communication plus réussie !

(Note au 10 mars 2008 : les archives de l’Hérault sont finalement annoncées pour la fin mars 2008 et… gratuites !)

Notes

[1] Pour les justifications avancées par les officiels de l’Hérault, voir une réponse de la directrice des AD34 et un article du Midi Libre (edit : l’article du ML n’est malheureusement plus en ligne…).